GDF n'est plus public

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Une honte ou un aboutissement, selon l'endroit de l'Hémicycle où l'on se place. L'Assemblée nationale a approuvé hier la privatisation de GDF, en adoptant l'article 10 du projet de loi sur l'énergie qui réduit la part de l'Etat dans le capital du gazier français à environ un tiers, au lieu de 80 %. Cet article clé du projet de loi a été adopté avec les seules voix des députés UMP présents, les groupes PS, PCF et UDF ayant voté contre, au terme de près de trois jours de travaux. Plus de 32 000 amendements ont été examinés au cours de cette période.

« C'est l'article de la honte, du reniement et de l'inconscience », s'est indigné le député (PS) François Brottes. Thierry Breton, ministre de l'Economie, a pour sa part souligné que l'article 10 avait pour objectif de « permettre à GDF d'aller de l'avant, de nouer une alliance et de devenir un grand groupe », c'est-à-dire Suez. Seule concession faite à l'opposition sur cet article, le gouvernement a accepté la désignation d'un commissaire du gouvernement auprès de GDF.