La justice promet plus de crédits et d'hommes

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Condamnée au superlatif. La justice bénéficie de l'augmentation « la plus importante de tous les ministères », s'est rengorgé hier le garde des Sceaux, Pascal Clément, lors de la présentation du budget 2007. La hausse prévue l'an prochain est de 5,2 %, portant le budget de la justice à 6,27 milliards d'euros. Des crédits qui devraient majoritairement être affectés à la création de postes. Au programme, 1 548 emplois supplémentaires, dont 160 magistrats, 359 personnels de greffes, 703 à l'administration pénitentiaire et 290 à la protection judiciaire de la jeunesse. « La justice sera, en 2007, une des priorités budgétaires du gouvernement », s'est félicité Pascal Clément. Autre point de contentement pour la Chancellerie, la maîtrise des frais de justice, qui semble avoir été menée à bien avec 426 millions d'euros de dépenses par les tribunaux en 2006, contre 487 en 2005.

Ces chiffres en hausse sont loin de contenter les syndicats. « Nous restons prudents sur ce genre d'effet d'annonce. Chaque année, on nous promet des budgets en hausse qui ne le sont pas en réalité, compte tenu des annulations et des reports de crédits en cours d'année », a réagi hier Dominique Barella, président de l'Union syndicale des magistrats. Pour l'USM, « ces hausses budgétaires ne couvriront pas les besoins révélés par l'affaire d'Outreau et surtout les nouvelles procédures prévues par la réforme Clément annoncée récemment ». Une réforme qui prévoit notamment l'installation de caméras pour enregistrer gardes à vue et auditions dans les commissariats et les bureaux des juges d'instruction. Un dispositif en discussion, toujours pas chiffré. A l'arrivée, l'USM dénonce « une justice en voie de développement », comparé aux 10 milliards d'euros de budget de nos voisins anglais et allemands.

B. B.