Du chômage au braquage, la chute d'un ex-Metaleurop

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La cour d'assises du Pas-de-Calais s'est penchée, hier au premier jour de son procès, sur la dérive d'un ancien ouvrier de Metaleurop, devenu chômeur, puis braqueur avec la complicité de son oncle, pour améliorer l'ordinaire et rembourser des crédits.

Hafid Yousfi, 37 ans, est accusé d'avoir, en juin et juillet 2004, braqué dans les environs de Lens, Douai et Lille six banques et deux stations-service avec son oncle Rachid, 39 ans. Les débats ne portent pas sur leur culpabilité, qu'ils ont reconnue, mais sur les éventuelles circonstances atténuantes.

La lente marginalisation de ces pères de famille a été longuement évoquée. « En 2003 commence le dérapage, avec son licenciement. Hafid Yousfi ne travaille plus », témoigne une assistante socio-judiciaire. Au total, 830 salariés sont licenciés comme lui à la suite de la fermeture brutale de la fonderie début 2003 à Noyelles-Godault (Pas-de-Calais). Désemparé par sa nouvelle condition d'homme au foyer, il se sépare de son épouse, en février 2004. « Je m'arrangeais pour manger à droite, à gauche », raconte Hafid lors de l'instruction. Il se met alors aux braquages, avec une arme jamais retrouvée, factice selon lui. Puis il entraîne son oncle, chômeur. « Si ça aurait été une arme réelle, Madame la présidente, je pense que j'aurais attaqué rien du tout, parce que j'étais tellement au fond du trou que je me serais mis une balle dans la tête », lance Hafid, qui s'accuse d'être l'auteur principal. Il agissait à visage découvert, ne se méfiant pas des caméras de vidéosurveillance. Le verdict est attendu vendredi.

(AFP)