Imad Lahoud, condamné pour escroquerie dans une affaire pas clear

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Imad Lahoud, 38 ans, est soupçonné d'être le falsificateur des listings de comptes adressés au juge Renaud van Ruymbeke en 2004, qui ont provoqué l'ouverture d'une information judiciaire. Il a été mis en examen le 9 juin pour "dénonciation calomnieuse" et "faux et usage de faux".
Imad Lahoud, 38 ans, est soupçonné d'être le falsificateur des listings de comptes adressés au juge Renaud van Ruymbeke en 2004, qui ont provoqué l'ouverture d'une information judiciaire. Il a été mis en examen le 9 juin pour "dénonciation calomnieuse" et "faux et usage de faux". — Jacques Demarthon AFP

Hier, Imad Lahoud n'a pas fait fructifier le capital confiance que la justice a en lui. Personnage central de l'affaire Clearstream dans laquelle il est mis en examen, l'ancien salarié d'EADS a été condamné à six mois de prison avec sursis et deux ans de mise à l'épreuve dans une autre affaire. Celle-ci commence sur un terrain de golf où Lahoud rencontre un partenaire, Michel Pomaret, propriétaire de chevaux fortuné. En 2002, ce dernier confie à Lahoud un chèque de 100 000 e pour que celui-ci les fasse fructifier. Sans nouvelles de ses fonds et alerté par les soubresauts de l'affaire Clearstream, Pomaret l'assigne en référé. Lahoud produit alors une attestation prouvant que la somme n'a pas disparu. Après enquête auprès de l'établissement financier libanais dans lequel la somme aurait été déposée, l'attestation se révèle être un faux. Interrogé hier par un président du tribunal parvenant à démêler un récit touffu, le prévenu a rejeté la faute sur son frère. Il a expliqué avoir confié la somme à ce dernier, déjà mis en cause par la justice au Liban.

Seulement, la défense a produit un procès-verbal dans lequel Lahoud explique avoir confié les 100 000 e à sa mère. Et l'enfonce en rappelant que lorsque Pomaret et Lahoud ont monté une société ensemble, l'apport versé par Pomaret a été détourné vers des comptes déficitaires de Lahoud le jour même de la création de l'entreprise. Le parquet a requis trois ans de prison avec sursis et 100 000 e d'amende hier en dénonçant « une escroquerie d'une extrême banalité ». La note a été allégée à six mois avec sursis auxquels s'ajoutent 65 000 e pas encore remboursés à Pomaret. Hier, l'audience laissait l'impression d'un raccourci saisissant de la trajectoire de Lahoud, homme d'« affaires » passant des terrains de golf aux tribunaux.

Arnaud Sagnard