La Belle étoile cesse d'en être une bonne

Vincent Vantighem

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Jeudi, en plus des repas, l'association a offert du pain et du fromage (photo d'archives).
Jeudi, en plus des repas, l'association a offert du pain et du fromage (photo d'archives). — JOBARD / SIPA

Du riz, des haricots blancs et un peu de saumon fumé. C'est le dernier repas que les bénévoles de la Belle étoile ont distribué, jeudi midi, à près de deux cents immigrés clandestins qui vivent à Calais (Pas-de-Calais). Active depuis dix-neuf ans, l'association a décidé d'arrêter son action afin de « faire bouger » les pouvoirs publics.

« Nous avons pris cette décision en décembre, confie Monique Delannoy, présidente de la Belle étoile. Et depuis, personne ne nous a contactés. Ni la mairie. Ni la préfecture. Ah si, notre banque nous a appelés ce matin [jeudi] pour indiquer que le compte était à découvert… » Dix ans après la fermeture du centre de la Croix-Rouge de Sangatte, le problème des migrants n'est toujours pas réglé dans le Calaisis.

Un précédent en 2011


« Le mouvement associatif s'essouffle. Les bénévoles n'en peuvent plus, confie Vincent De Coninck, du Secours catholique. Ils ne comprennent pas pourquoi les pouvoirs publics ne prennent pas la situation en main. » Ce n'est pas faute d'essayer. « A chaque fois qu'on demande à la mairie de Calais un terrain où planter des tentes pour les migrants, ils nous répondent qu'on peut toujours les inviter dans notre jardin », déplore Nadine, bénévole à la Belle étoile. Il y a deux ans, l'association avait dû se mettre en « grève » afin d'obtenir un local et l'ouverture d'une douche pour les candidats à l'exil vers l'Angleterre. Cette fois-ci, elle a demandé aux autres associations locales de les suivre dans son mouvement. « Elles n'ont pas voulu, car cela nuirait immédiatement à la situation des migrants », regrette Monique Delannoy. Jeudi midi, en plus du repas, elle a tout de même offert du pain et du fromage aux clandestins. « Pour les prochains jours… »

■ Chiffres

D'après le Secours catholique, il y a entre 250 et 300 migrants à Calais. Ils seraient environ 600 dans tout le Nord-Pas-de-Calais.