Manifestation d'étudiants kinés contre "la sélection par l'argent"

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Las de payer des "frais d'inscription exhorbitants", au moins 500 étudiants en masso-kinésithérapie de Paris ont manifesté mardi sous les fenêtres du ministère de la Santé, pour réclamer "un vrai statut" et l'accès "aux mêmes aides sociales" que les autres étudiants.
"Arrêtons la sélection par l'argent" pouvait-on lire sur leurs tracts. "Maman, comment faire kiné? Il faut de l'argent mon bébé!", affirmait une banderole.
"La plupart des instituts sont privés, sans aucune prise en charge des frais de fonctionnement par l'Education nationale", a expliqué à l'AFP Lise Carroue, 24 ans, présidente de la Fédération nationale des étudiants en kinésithérapie (FNEK, affiliée à l'organisation Fage). "Nos frais d'inscription peuvent atteindre 7.500 euros pour une année, voire 8.150 euros dans un institut à Paris, et cela ne cesse d'augmenter", a-t-elle protesté.
Vers 14H30, des étudiants organisaient une opération "massage filtrant" des passants, devant les forces de l'ordre gardant le ministère, avenue de Ségur, a constaté l'AFP. Quelques piétons acceptaient de s'allonger pour être manipulés et se faire expliquer les raisons de la manifestation: "la non-indemnisation des stages", "l'impossibilité d'accéder aux aides sociales étudiantes universitaires" ou "un niveau d'étude reconnu bac+2" alors qu'ils passent 4 à 5 ans à étudier.
"Nous dépendons du ministère de la Santé, et non pas de l'Education nationale. A ce titre, nous n'avons pas droit aux mêmes avantages que les autres étudiants", a fait valoir Clémentine Touret, 20 ans. "Nous ne pouvons pas prétendre aux bourses des Centre régionaux des oeuvres universitaires et scolaires (Crous) ni à la nouvelle aide à l'installation étudiante (Aline) pour les boursiers de l'Education nationale", a-t-elle ajouté.
D'après la FNEK, les étudiants "kinés" sont un peu moins de 6.000 en France, dans 21 instituts privés et 12 établissements publics ou semi-publics.