Privatisation de GDF : le débat rameute les ténors du PS

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Les députés sont entrés hier dans le vif du sujet du projet de loi sur l'énergie avec l'examen de l'article clé privatisant GDF, dans un climat électrique entre la gauche et l'UDF, hostiles à l'opération, et l'UMP. La séance a été marquée par de nombreux incidents au sein et hors de l'Hémicycle. Une « fuite » de gaz, qui n'était selon GDF que la diffusion volontaire d'une particule sentant le gaz, a même provoqué la confusion avec l'évacuation de quelques locaux de l'Assemblée et retardé l'arrivée de députés.

Le débat s'est très vite enflammé dans un Hémicycle très peu garni où les socialistes n'étaient qu'une petite quinzaine, pour une trentaine du côté de l'UMP. Mais surtout, les ténors du PS avaient fait le déplacement. Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, candidat à l'investiture PS pour la présidentielle, sont venus marteler leur opposition au texte. Soulignant « la volonté des gouvernements et des Etats de reprendre en main le marché de l'énergie », Laurent Fabius s'est demandé « pourquoi la France serait le seul pays au monde où nous donnerions la main au secteur privé ». Alors que la majorité UMP tentait d'allonger les débats par une suspension de séance, Ségolène Royal a dû faire un rappel au règlement de l'Assemblée pour pouvoir s'exprimer juste avant son départ pour le Sénégal.

Du côté de l'UMP, on ne s'est pas gêné pour ironiser sur la présence des éléphants du PS dans l'Hémicycle, faisant remarquer que depuis trois semaines, ils n'avaient pas pris part au débat.

D. C. (avec AFP)