Le garde des Sceaux donne des moyens et veut du chiffre

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Demandes accordées. Au terme d'une heure et demie de réunion consacrée à la lutte contre la délinquance en Seine-Saint-Denis, Pascal Clément a annoncé une série de moyens supplémentaires pour le tribunal de Bobigny, première juridiction de France en matière de justice des mineurs. Ainsi, le garde des Sceaux a promis, entre autres, l'arrivée de vingt-cinq éducateurs pour prendre en charge les mineurs les plus ancrés dans la délinquance, la création de permanences de la protection judiciaire de la jeunesse, la réouverture du foyer d'Aubervilliers, la mise en place d'un service dédié à l'exécution des peines... Des mesures réclamées avant la réunion par le président du tribunal de grande instance de Bobigny.

Le ministre de la Justice ne s'est pas désolidarisé de son ministre de l'Intérieur qui avait évoqué la démission des juges de Bobigny, illustrant son propos par une baisse de 15 % des mises sous écrou des délinquants en Seine-Saint-Denis depuis le début de l'année. Toutefois, le garde des Sceaux veut mettre à plat les différends entre police et justice, qui selon lui, « ne possèdent pas les mêmes indicateurs ». C'est pourquoi il a demandé au président de l'Observatoire national de la délinquance, Alain Bauer, de mettre en place « un observatoire départemental qui permettra à toutes les administrations de disposer des mêmes chiffres ». Mais Pascal Clément a néanmoins souligné que « le taux de réponse pénale pour les mineurs était de 74 % en 2003 et qu'il est de 83 % aujourd'hui ».

Il y avait toutefois un absent de marque à la réunion d'hier, puisque Jean-Pierre Rosenczveig, président du tribunal pour enfants de Bobigny, n'a pas répondu à l'invitation du ministre. « C'est son choix et je le respecte », a déclaré Pascal Clément.