La fin du jour de carence des fonctionnaires

Matthieu goar

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Un jour de carence était retenu pour les fonctionnaires, contre trois dans le secteur privé.
Un jour de carence était retenu pour les fonctionnaires, contre trois dans le secteur privé. — F. DURAND / SIPA

«Décision clientéliste» contre «fin d'une injustice». Jeudi, dans une interview aux Echos, Marylise Lebranchu a annoncé la future abrogation du jour de carence pour les fonctionnaires. Selon la ministre de la Fonction publique, la fin de cette «mesure injuste, inutile et inefficace» coûtera «60 millions d'euros à l'Etat».

Aussitôt, la droite, qui l'avait mise en place début 2011, est montée au créneau. «C'est le symbole du manque de courage politique de François Hollande», a écrit Jean-François Copé. «Cette mesure permettait de réduire l'écart entre le public et le privé. C'est encore le contribuable qui va supporter cette dépense que le gouvernement s'autorise à des fins politiques pour s'acheter la paix sociale», lance Etienne Blanc, secrétaire national de l'UMP en charge de la réforme de l'Etat, qui évoque un coût de 250 millions d'euros.

Revendication des syndicats


Cette abrogation était une des revendications des syndicats de la fonction publique, très remontés contre le gouvernement, qui n'a pas accédé à leurs revendications salariales. «Nous n'avons pas de leçons de stratégie à recevoir de gens qui ont bradé le social et dressé des murs entre les travailleurs», riposte Karine Berger, secrétaire nationale à l'économie au PS.

Les salariés du privé ont, eux, trois jours de carence, mais environ la moitié des branches du privé ont mis en place un dispositif de maintien de salaire dès le premier jour d'absence, selon l'Assurance-maladie.

Impossible en revanche de savoir si cette mesure avait vraiment permis de lutter contre l'absentéisme dans la fonction publique. La plus récente étude du ministère du Travail porte sur une période antérieure. Entre 2003 et 2011, sur une semaine de référence, 3, 9 % des fonctionnaires en moyenne avaient été arrêtés au moins une heure pour maladie ou pour garder un enfant malade. Ce taux est de 3, 7 % pour les salariés du privé en CDI depuis plus d'un an.