GDF : la bataille arrive au coeur du texte

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La semaine politique débutera lundi avec l'examen à l'Assemblée de l'article 10 du projet de loi privatisant GDF, coeur du texte, et s'achèvera par l'ouverture des candidatures à l'investiture socialiste pour l'élection présidentielle de 2007.
La semaine politique débutera lundi avec l'examen à l'Assemblée de l'article 10 du projet de loi privatisant GDF, coeur du texte, et s'achèvera par l'ouverture des candidatures à l'investiture socialiste pour l'élection présidentielle de 2007. — Pierre Verdy AFP

Une étape capitale. Les députés entament cet après-midi l'examen de l'article 10 du projet de loi énergie qui permet à l'Etat de baisser sa participation dans le capital de GDF (actuellement de 80 %) et donc privatise de fait l'entreprise publique. Ce retrait de l'Etat, qui donnera la possibilité à GDF de fusionner ensuite avec Suez, est au coeur de toutes les polémiques. La bataille parlementaire s'annonce âpre puisque 32 505 amendements concernent ce seul article. François Brottes, porte-parole du PS sur le projet de loi, a annoncé que les députés socialistes seraient « mobilisés, présents en nombre et en qualité ». « On ne veut pas brader notre argumentation, le débat sur l'article 10 va être lourd », a-t-il prédit. Aujourd'hui, l'opposition devrait notamment s'employer à dénoncer la « trahison » de Nicolas Sarkozy, ministre de l'Economie en 2004, qui avait promis à l'époque, que « l'Etat ne descendrait pas en dessous de 70 % dans le capital de GDF », comme l'a rappelé vendredi Daniel Paul (PCF). Sur ce point, socialistes et communistes pourront compter sur le soutien de l'UDF, opposée à la privatisation. « On veut mener le débat jusqu'au bout, avec des chiffres et des alternatives », a prévenu le député centriste Jean Dionis du Séjour.

Tout ceci survient dans un contexte tendu par la révélation par les syndicats, vendredi, d'une expertise indépendante concluant que la fusion entre Suez et GDF entraînerait 20 000 suppressions d'emplois dans le nouveau groupe et la cession par GDF de 21 % de ses contrats d'approvisionnement. Depuis, les deux entreprises ont démenti, affirmant que leur mariage sera « créateur d'emplois ».

David Carzon

La semaine dernière, Jean-Louis Debré, président de l'Assemblée, a annoncé la fin des débats pour le 28 septembre et un vote le 3 octobre. Il s'agit d'une date « indicative », a toutefois rappelé l'opposition socialiste.