L'austérité inquiète les ministres

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Comme la semaine dernière au sujet des 3 % de déficit, c'est le soldat Fabius qui est monté au front, mardi. « On va être obligé de la revoir en baisse », lâche le numéro 2 du gouvernement, qui opine lorsqu'on évoque une croissance de 0, 2 à 0, 3 %. En déplacement à Athènes, François Hollande confirme plus tard que la France ne pourra atteindre la prévision 2013 à 0, 8 % du PIB. Une façon de préparer l'opinion, alors que la Commission européenne doit officialiser ses prévisions vendredi. A l'Assemblée, Jean-Marc Ayrault tente de rassurer le groupe PS, qui s'inquiète de voir l'austérité s'installer après le choc fiscal de l'automne. « Pas de plan de rigueur », leur répète le Premier ministre avant de tonner contre la droite : « Comment pouvez-vous vous permettre de nous faire la leçon, vous qui portez dix ans de politique de régression, d'injustice. »

Dans ce contexte où les mots de rigueur et d'austérité sont tabous, mais où le gouvernement envisage déjà de réduire les dépenses sans augmenter les impôts, des ministres commencent à s'inquiéter de leur futur budget. L'entourage de Cécile Duflot la dit vigilante, Thierry Repentin angoisse pour la formation professionnelle et Michèle Delaunay s'inquiète. Autant dire qu'Ayrault, qui déjeune avec ses ministres mercredi pour évoquer le sujet, et François Hollande qui les a invités, jeudi, à une réunion sur les finances publiques, vont devoir rassurer. Matthieu Goar