«Bugaled-Breizh», la piste sous-marine renflouée

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Une preuve en titane. La thèse d'une collision entre le Bugaled-Breizh – le chalutier qui avait coulé avec ses cinq membres d'équipage le 15 janvier 2004 au large du cap Lizard – et un sous-marin, a été relancée hier. Selon Le Point, des traces de titane ont été découvertes sur l'un des câbles du chalutier. Le titane, par son pouvoir opacifiant et sa stabilité chimique, entre fréquemment dans la composition de la coque ou de la peinture de plusieurs submersibles. Le laboratoire national d'essais de Trappes (Yvelines), en charge de l'expertise judiciaire, a décelé ces traces, confortant la version des parties civiles. Mais la justice ne veut pas s'engager plus avant dans cette affaire. « Les experts ne nous disent pas que le titane est réservé aux peintures militaires, on n'exclut rien mais on reste prudent », a déclaré hier le procureur de Quimper, Anne Kayanakis, qui envisage également, dans un langage sibyllin, « un chavirement brutal suite à des circonstances complexes ». Fin août, le juge d'instruction chargé du dossier avait indiqué qu'il comptait procéder à de nouvelles investigations concernant un sous-marin néerlandais, le Dolfjin, proche du Bugaled-Breizh au moment du naufrage. Pour le procureur, « le “Dolfjin” était hors de portée de l'événement », alors que Christian Bergot, avocat des familles des victimes, assure que le sous-marin « n'a toujours pas donné sa position au moment du naufrage », précisant que « des traces de frottement ont été retrouvées sur sa coque quelques jours après l'exercice ».

Hier, le ministère de la Défense français a réaffirmé de son côté qu'« il n'y avait pas de sous-marin français dans la zone du naufrage ».

B. B.

Les parties civiles craignent que le secret défense ne soit invoqué, en cas d'enquête, par la plupart des marines mondiales, qui refusent généralement de dévoiler les secrets de fabrication de leurs navires.