Les primaires ne passent pas la seconde

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Comme un Français sur deux, il en rêvait, la gauche ne l’a pas fait. Un temps, Bernard Kouchner a espéré des grandes primaires à l’italienne. En 2005, les partis de gauche transalpins ont désigné leur candidat aux législatives de manière inédite : faire voter tous les Italiens qui s’estimaient sympathisants de gauche. A l’arrivée, quatre millions de votants ont choisi Romano Prodi, aujourd’hui Premier ministre. Auparavant, responsables politiques de gauche, syndicalistes, militants associatifs avaient débattu pendant des mois à Bologne dans une usine désaffectée, la Fabbrica del programma (l’Usine à programme), qui a laissé son nom à l’initiative.
En France, Bernard Kouchner a tenté de faire de même en 2005, en lançant la Fabrique démocratique, ouverte à tous les Français de gauche. L’expérience est mort-née, du fait de l’opposition de la direction du Parti socialiste et des autres partis de gauche, incapables de s’entendre sur une plate-forme et un candidat communs.
L’UMP aussi a planché sur l’organisation de primaires. Avant de jeter l’éponge. Un cadre du parti de la majorité explique : « Nous avons craint qu’en ouvrant à tous les sympathisants de droite la désignation du candidat à la présidentielle, nous découragions l’adhésion de nouveaux adhérents. Pourquoi prendre une carte à l’UMP et payer sa cotisation si on peut gratuitement participer au moment le plus fort du parti grâce à des primaires ? » L’organisation que nécessitent des primaires a aussi refroidi le parti de Nicolas Sarkozy. « Même avec Internet, faire voter des millions de gens, ce n’est pas rien… » B. B. et S. C.