J'ai testé pour vous l'achat de billets à 5 euros

— 

Le site internet Voyages-Sncf.com a enregistré au premier semestre 2006 un volume d'affaires en hausse de 37% à 766 millions deuros, contre 559 millions deuros sur la même période de 2005, a-t-il indiqué mardi dans un communiqué.
Le site internet Voyages-Sncf.com a enregistré au premier semestre 2006 un volume d'affaires en hausse de 37% à 766 millions deuros, contre 559 millions deuros sur la même période de 2005, a-t-il indiqué mardi dans un communiqué. — AFP

 Ça fait plusieurs jours que j’attends ça. Je vais enfin pouvoir acheter mes six billets de train à 5 euros. J’ai pris soin de noter la destination (Angers, ma province natale), les dates et les horaires pour dégainer plus vite que le TGV. Plutôt que d’aller faire la queue pendant des heures, j’ai opté, ô naïve, pour la technologie de l’Internet. Midi sonne. Ma carte bleue en main, je me connecte sur le site sncf.com. La déconvenue est immédiate, j’ai beau saisir la ville, le jour et l’heure, j’atterris sur une page d’erreur qui me dit « our server is busy ». Shit. C’est sûr que si on se ruait tous en même temps dans une agence, l’effet serait sans doute très brutal. A quand une queue numérique ?
Entêtée, je me rabats sur la solution « physique », poireauter à un guichet. Il est 12h05, j’oublie la gare Saint-Lazare et me rend à une agence SNCF un peu dissimulée derrière des grilles. Apparemment, tout le monde l’a bien repérée car la file d’attente court jusque dans les escaliers. J’ai une petite heure à tuer – quoi de mieux que de la passer dans les courants d’air d’une gare RER – alors j’attends. Au départ, ça semble avancer assez vite, dans le calme. L’espoir renaît. Mais petit à petit, le rythme ralentit. Je dévisage avec une haine farouche les individus qui s’approchent l’air de rien de la queue, ou qui se greffent à un groupe d’amis. Quant à ceux qui sortent de l’agence – ils ont au moins dû camper là –, ils essaient tant bien que mal de masquer un sourire de satisfaction. « Paris-Poitiers, Paris-Poitiers », scande une jeune fille dans le hall. « Elle ne perd pas de temps pour faire fructifier ses billets au rabais », me dis-je, mauvais esprit. « Je me suis trompée », explique-t-elle, piteuse. Alors ça c’est la meilleure. C’est l’aubaine du siècle – si si –, des billets à 5 euros, et elle a le toupet de se tromper alors que des milliers de personnes en France (au moins 50 000) attendent le sésame. Et puis quelle idée d’aller à Poitiers, Angers c’est quand même mieux... Définitivement découragée, je laisse ma place vers 12h50. J’opterais pour Allo stop, à 13 euros l’aller. Au moins, c'est plus convivial.

Catherine Fournier