Le TGV à Lille, résultat d'une entente Mauroy-Chirac

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« Un vrai bonheur. » Pierre Mauroy, maire (PS) de Lille de 1973 à 2001, est fier d'avoir attiré le TGV en 1993. « J'étais Premier ministre, et je me suis dit qu'il fallait un TGV vers le nord de l'Europe. » Mais ce ne fut pas simple. « Il a d'abord fallu convaincre Margaret Thatcher d'accepter la ligne Paris-Londres, donc un tunnel sous la Manche. Ce n'était pas rien ! » Autre bataille : faire passer le TGV dans Lille, et non au large. « La SNCF nous demandait 800 millions de Francs pour les trois minutes perdues sur chaque train. J'en ai parlé à Jacques Chirac, nouveau Premier ministre, en 1986. Il m'a dit : “Ne payez pas. Moi j'ai fait pareil à Paris pour la gare de Lyon”. Alors c'est ce que nous avons fait : nous n'avons payé que 400 millions sur les 800 demandés. » Bonne affaire : le quartier d'Euralille, lancé à l'arrivée du TGV, est aujourd'hui « une turbine d'emplois tertiaires ».

A Lille, Olivier Aballain