Le PS débat sur la question des débats

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La course à l'investiture PS pour la présidentielle de 2007 a occupé mercredi les esprits de tous les parlementaires socialistes réunis à Nantes, à dix jours de l'ouverture du dépôt des candidatures.
La course à l'investiture PS pour la présidentielle de 2007 a occupé mercredi les esprits de tous les parlementaires socialistes réunis à Nantes, à dix jours de l'ouverture du dépôt des candidatures. — Frank Perry AFP

Jean-Marc Ayrault, président des députés PS, a lancé hier à Nantes, aux journées parlementaires du parti, un très zidanien « On vit ensemble, on sert ensemble ». Quitte à également mourir ensemble ? A dix jours du début du dépôt des candidatures, la pression est encore montée hier entre les prétendants – tous étaient là sauf Lionel Jospin et DSK –, notamment sur la question du nombre de débats organisés entre le 3 octobre et le 16 novembre, date du vote des militants. Les adversaires de Ségolène Royal en réclament huit dans les grandes fédérations, la direction du parti n'en consent que trois.

Boostés par leur grand oral de samedi à Lens, jospinistes et fabiusiens en tête rêvent d'en découdre avec la favorite des sondages devant les militants. « Je veux que chacun sache exactement pourquoi il votera, ce serait honteux d'être battu sur trois sondages et pas sur les idées », tempête le fabiusien Jean-Luc Mélenchon. La réponse des ségolénistes est cinglante. « Ceux qui réclament plus de débats méprisent en réalité les militants, explique Julien Dray. Ils n'attendent qu'une chose : que Ségolène fasse un faux pas pour la mettre à mort. »

A défaut de débat, Ségolène Royal organisera un meeting à Montpellier dès le 5 octobre. Le premier secrétaire du PS – et son compagnon – François Hollande pourrait y assister. « Mascarade », crie Claude Bartolone, bras droit de Fabius, dénonçant « une candidature officielle du parti soutenue par la direction » qui menacerait le PS d'« éclatement ». Côté direction, François Rebsamen, nº 2 (et pro-Royal), tranche. « Il y aura trois débats en un mois et demi, c'est suffisant. Après, libre à chaque candidat d'organiser des réunions. »

Envoyé spécial à Nantes,

Bastien Bonnefous

Outre Royal à Montpellier, DSK doit réunir ses soutiens le 4 octobre à Alfortville (94), et Laurent Fabius les siens, le 12 à Pantin (93). « Ils lancent bien leur campagne, alors pourquoi eux et pas Ségolène ? », rétorque Rebsamen.