Violence: Sarkozy interpellé sur son bilan

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Après la lettre du préfet de Seine-Saint-Denis au ministre de l'Intérieur, une agression de CRS mardi soir à Corbeil-Essonnes (Essonne) est venue mettre en lumière une hausse de la délinquance en Ile-de-France. Depuis les émeutes de l'automne 2005, la situation s'est dégradée, parfois spectaculairement, selon les statistiques.

La lettre du préfet Jean-François Cordet à Nicolas Sarkozy révèle une hausse de 14,11 % des violences contre les personnes. Le ministère de l'Intérieur n'a voulu retenir de ce courrier que la charge contre le tribunal de Bobigny et son supposé laxisme. Il a encore déploré hier « la démission de la justice », ce que les magistrats de Bobigny contestent, reprochant au ministre de « vouloir masquer son bilan sécuritaire à quelques mois de la présidentielle ». Car dans sa lettre, le préfet ne se limite pas au fonctionnement pénal. Pour François Hollande (PS), ce courrier constitue en réalité « le pire des réquisitoires » contre Sarkozy.

Le préfet se plaint d'une « diminution des effectifs de police ». Et l'annonce de renforts (300 policiers) faite hier par le ministre ne suffira peut-être pas : maires et policiers du 93 estiment qu'en l'état actuel des forces de police, il est impossible d'« assurer la sécurité des citoyens ».

Le malaise s'étend au-delà de la Seine-Saint-Denis. Mardi soir, deux CRS en patrouille ont été sérieusement blessés dans la cité des Tarterêts, à Corbeil-Essonnes. Une agression « préméditée », selon le préfet. Vers 22 h, après avoir reçu des projectiles sur son véhicule, un CRS, sorti de sa voiture, a été assailli par une vingtaine de personnes surgies des bosquets. Alors que le conducteur se précipitait à son secours, « les deux CRS ont été roués de coups au visage et sur tout le corps », selon la préfecture. En réponse, Nicolas Sarkozy a assuré : « Nous ne lésinerons pas sur les moyens pour retrouver les auteurs. On ira les chercher un par un. » Des empreintes digitales auraient déjà été relevées.

Dominique de Villepin a, lui, promis aux policiers « des réponses techniques appropriées ». Mais pour Julien Dray, député PS de l'Essonne, « un sentiment d'impunité s'est instauré dans les cités depuis novembre 2005 ».

M. H.

Un des deux CRS a subi un traumatisme crânien et facial important, ainsi que des contusions aux membres. Il a subi une intervention chirurgicale.