«Il faut une circulaire d'interdiction»

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Interview de Nathalie Kosciusko-Morizet, députée UMP de l'Essonne

Quelles mesures faut-il prendre selon vous pour régler les problèmes posés par le portable à l'école ?

Dans de nombreux établissements, les portables sont seulement interdits durant les cours. Il faut une interdiction d'usage à l'école et pour cela, il faut une circulaire du ministre de l'Education sur laquelle les responsables d'établissement pourraient s'appuyer. Certains proviseurs et principaux se plaignent en effet qu'ils n'arrivent pas à faire appliquer le règlement intérieur. Un cadre général aurait plus de poids. A New York, les problèmes de violences sont devenus si importants que les autorités ont interdit le portable à l'école.

Est-ce que l'on connaît l'ampleur de ces problèmes ?

Non. Le portable à l'école, ce sont trois types de problèmes : de santé, de pédagogie et de violences. Mais il n'y a pas de statistiques. J'ai écrit plusieurs lettres au ministre de l'Education nationale pour l'alerter notamment sur la question du « happy-slapping ». Aujourd'hui, j'ai l'impression qu'on prend enfin le sujet au sérieux. On prend conscience qu'il ne s'agissait pas que de quelques cas isolés. Mais pour l'instant, les réponses apportées ne règlent pas le problème.

Désormais, le portable est devenu banal dans les établissements scolaires...

Il faut éviter d'habituer les enfants à utiliser leurs portables durant les moments scolaires. Il a trop souvent tendance à compenser les absences des parents. Certains d'entre eux sont les premiers à appeler pendant les heures de cours.

Recueilli par D. C.