Chercher le mobile pour trouver le coupable

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Le groupe d'électronique japonais Sanyo et le numéro un mondial des téléphones portables, le finlandais Nokia, ont annoncé mardi la création d'une entreprise commune pour le développement et la vente de téléphones portables de troisième génération à la norme CDMA.
Le groupe d'électronique japonais Sanyo et le numéro un mondial des téléphones portables, le finlandais Nokia, ont annoncé mardi la création d'une entreprise commune pour le développement et la vente de téléphones portables de troisième génération à la norme CDMA. — David Hancock AFP/Archives

On ne connaît pas les chiffres précis, mais le phénomène est en « augmentation sensible », selon l'Education nationale. L'émergence du « happy-slapping » – qui consiste à filmer une agression avec son portable pour la diffuser sur Internet – n'est que la face spectaculaire des difficultés posées à l'école par l'omniprésence des mobiles : violence, vol, racket, problème sanitaire... Si l'on sait que 94 % des 15-17 ans possèdent un portable*, on ne connaît pas le taux d'équipement des 11-15 ans. Une étude est en cours, mais on peut supposer que ce chiffre est très important.

Conscient du phénomène, le ministère de l'Education nationale a édité à la rentrée un guide pour les établissements, « Réagir face aux violences en milieu scolaire », qui aborde la question du « happy-slapping». Mais Gilles de Robien s'est refusé à interdire l'usage des portables à l'école, indiquant qu'il revenait « à chaque établissement, compte tenu de sa configuration, de ses moyens ou de son contexte local», d'interdire ou de restreindre l'usage des mobiles. « C'est le règlement intérieur qui peut arbitrer cette question, explique Philippe Vincent, membre du Syndicat national des personnels de direction de l'Education nationale. Dans mon établissement, nous demandons de l'éteindre en cours pour qu'il ne sonne pas. Si cela se produit, nous pouvons confisquer le portable pendant un à trois jours. Au-delà de la discipline, il s'agit d'un problème éducatif avec des élèves qui se consacrent davantage à leurs communications qu'à leurs cours. Les parents donnent un portable à leur enfant en pensant à tort qu'ils seront mieux informés sur les aléas de la vie scolaire. Il vaut mieux que ce soit nous qui les appelions directement. »

Au même titre que les baladeurs MP3 ou les consoles portables, les mobiles sont des objets de convoitise. Pas seulement pour le vol. « Il est devenu un objet de racket, constate Nathalie Kosciusko-Morizet, député UMP (lire ci-dessous). On voit même du racket au forfait, certains utilisant les mobiles d'élèves plus faibles pour passer leurs coups de fil. Et ça, les parents ne le voient pas. »

David Carzon

* Etude TNS-Sofres pour l'Association française des opérateurs mobiles.