Les huîtres autorisées, mais pas à vendre

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Des huîtres de nouveau commercialisables, mais des ostréiculteurs qui refusent de les vendre. A la suite de résultats d'analyses favorables, le préfet de Gironde a levé hier l'interdiction de vendre, de consommer et de ramasser les huîtres du bassin d'Arcachon, en vigueur depuis le 31 août. Et ce bien que les causes du décès de l'homme de 77 ans, survenu la semaine dernière, restent toujours inconnues. Selon le ministère de l'Agriculture, les résultats définitifs de l'autopsie ne seront révélés que dans dix jours.

Problème pour les autorités, cette annonce n'a pas eu l'effet escompté auprès des professionnels, qui restent furieux. Estimant ne pas être lavés de tout soupçon, la majorité des trois cent vingt ostréiculteurs, réunis hier en assemblée générale à Audenge (33), ont décidé de ne pas vendre leurs huîtres avant la semaine prochaine, le ministère ne les ayant pas mis hors de cause dans le second décès. « Il faut être cohérent, s'insurge Yvon Dufau, ostréiculteur à Gujan-Mestras. Vis-à-vis de ma clientèle, je suis discrédité, c'est difficile de faire du commerce dans ces conditions-là. » Mais la décision n'a pas été si facile à prendre. Les avis divergeaient, tous les ostréiculteurs ne pouvant pas rester dix jours de plus sans travailler. Ces divergences ont provoqué la fureur de Marc Druart, président de la section régionale conchylicole (SRC), qui a quitté l'assemblée en annonçant sa démission.

De son côté, la direction générale de la santé tente de se dédouaner en expliquant : « On cherche si le deuxième décès est lié aux huîtres consommées à l'époque, lorsque les résultats des tests étaient mauvais. Désormais, comme ils sont bons, il n'y a pas de vigilance particulière. » Nombreux sont les ostréiculteurs qui pensent désormais que l'annonce des décès en pleine crise était destinée à [les] faire taire. »

A Bordeaux, Orianne Dupont

La filière a subi une perte d'environ 8 % de son chiffre d'affaires en août et, pour septembre, la perte est évaluée à 10 %.