Une syndicaliste d'Areva soupçonnée d'avoir inventé son agression

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Une syndicaliste d'Areva, qui avait déclaré avoir été attaquée en décembre à son domicile d'Auffargis (Yvelines), a été placée en garde à vue mercredi, les enquêteurs la soupçonnant d'avoir inventé son agression, a-t-on appris de sources proches du dossier.
Une syndicaliste d'Areva, qui avait déclaré avoir été attaquée en décembre à son domicile d'Auffargis (Yvelines), a été placée en garde à vue mercredi, les enquêteurs la soupçonnant d'avoir inventé son agression, a-t-on appris de sources proches du dossier. — John Macdougall afp.com

Une syndicaliste d'Areva, qui avait déclaré avoir été attaquée en décembre à son domicile d'Auffargis (Yvelines), a été placée en garde à vue mercredi, les enquêteurs la soupçonnant d'avoir inventé son agression, a-t-on appris de sources proches du dossier.

En raison d'«incohérences» dans ses déclarations, la syndicaliste est soupçonnée de dénonciation de crime ou délit imaginaire, a précisé une de ces sources, confirmant une information du Parisien.fr.

La secrétaire CFDT du comité de groupe européen d'Areva, Maureen Kearney, avait déclaré avoir été assaillie tôt le 17 décembre, à son domicile, par un inconnu qui lui avait masqué le visage, l'avait bâillonnée puis ligotée à un fauteuil.

Elle avait affirmé que son agresseur, qui avait pénétré dans son pavillon peu après le départ de son mari, avait inscrit un A sur son corps et l'avait menacée verbalement: «Ceci est le deuxième avertissement, il n'y en aura pas de troisième», lui aurait ainsi dit son agresseur. Maureen Kearney avait été retrouvée plusieurs heures plus tard par sa femme de ménage.

Interrogé par l'AFP, Patrick Gramondi, secrétaire général CFDT de l'Inter qui regroupe toutes les sections syndicales du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), a affirmé que son syndicat avait «toute confiance» en Mme Kearney et en «sa probité».

«Nous sommes tous derrière notre militante. Ce n'est pas cela qui va nous déstabiliser, c'est quand même trop gros. Je ne vois pas quel serait le mobile pour organiser une mise en scène... C'est quelqu'un qui est à mille lieux de cela», a-t-il assuré.

«On est extrêmement surpris par ça, cela ne colle pas avec la militante que l'on connaît. Est-ce que c'est un mauvais polar?», s'est interrogé le syndicaliste.

Le 19 décembre, Libération avait révélé cette agression en la liant implicitement à un récent accord d'Areva avec la Chine.

L'ex-patronne d'Areva, Anne Lauvergeon, qui connaît la syndicaliste, avait été entendue le lendemain comme témoin par les gendarmes de la section de recherches de Versailles, chargés de l'enquête.