Une ado torturée par des camarades d'internat

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Trois jeunes filles âgées de 15 à 18 ans sont soupçonnées d'avoir torturé et violé une de leurs camarades à l'école Le-Nôtre pour adolescents en difficulté de Sonchamp (Yvelines), a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant des informations du Parisien.
Trois jeunes filles âgées de 15 à 18 ans sont soupçonnées d'avoir torturé et violé une de leurs camarades à l'école Le-Nôtre pour adolescents en difficulté de Sonchamp (Yvelines), a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant des informations du Parisien. — Joël Saget AFP

Des « élèves ordinaires » pour des actes hors du commun. Trois filles de 15 à 18 ans sont soupçonnées d'avoir torturé et violé une de leurs camarades du pensionnat Le Nôtre pour jeunes en difficulté, à Sonchamp (Yvelines), une institution du xixe siècle.

Les trois adolescentes, deux mineures et une majeure, ont été mises en examen vendredi à Versailles pour « violences aggravées et viol accompagné d'actes de barbarie » sur une fille de 15 ans, le jour de la rentrée le 4 septembre. Hier, le directeur de l'établissement a expliqué qu'il s'agissait d'« élèves ordinaires ». « Rien ne pouvait laisser penser qu'elles pouvaient en arriver là », a assuré Claude Lebreton.

Les faits remontent à la nuit du 4 au 5 septembre. « La soirée s'était bien passée », selon le directeur. Les quatre filles partagent la même chambre dans l'internat, au « fonctionnement classique et normal ». L'éducateur qui a fait les rondes « n'a rien entendu ». Les trois mises en examen, détenues à la prison de femmes de Versailles, auraient infligé à leur victime claques, coups et brûlures de cigarettes sur les mains et les jambes. Elles l'auraient aussi contrainte à se raser les jambes avant de la violer avec un cintre. La jeune majeure, décrite par la direction comme un « élément modérateur », est soupçonnée d'avoir commis le viol.

Sans antécédent judiciaire, les trois ont reconnu les faits sans donner d'explication. Selon les premiers éléments, elles auraient reproché à la victime de faire grincer son lit. « Elles sont traumatisées par l'acte qu'elles ont commis », a déclaré hier Claude Lebreton, précisant que le centre de Sonchamp « n'accueille pas de jeunes délinquants », mais des « gamins blessés par la vie », adolescents maltraités ou délaissés par leurs parents, placés par l'aide sociale.

La victime, qui venait d'arriver à Sonchamp, y est toujours scolarisée. « Elle s'accroche et voudrait oublier ce qui s'est passé », a confié le directeur. Elle a signalé son agression par un message sur un ordinateur du centre découvert par un éducateur, où elle parlait de violences sans faire état du viol. Elle a porté plainte le 7 septembre, alors qu'une de ses tortionnaires s'était confiée entre-temps à un éducateur.

Bastien Bonnefous et Marie-Colombe Afota