Vingt ans de réclusion pour le violeur d'une adolescente

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Thierry Villetard, l'un des suspects du meurtre de Joanna Parrish commis en 1990 dans l'Yonne, a été condamné à vingt ans de réclusion criminelle mercredi par les assises de l'Hérault pour le viol en mars 2010 de sa belle-fille de 14 ans.
Thierry Villetard, l'un des suspects du meurtre de Joanna Parrish commis en 1990 dans l'Yonne, a été condamné à vingt ans de réclusion criminelle mercredi par les assises de l'Hérault pour le viol en mars 2010 de sa belle-fille de 14 ans. — Thomas Coex afp.com

Thierry Villetard, l'un des suspects du meurtre de Joanna Parrish commis en 1990 dans l'Yonne, a été condamné à vingt ans de réclusion criminelle mercredi par les assises de l'Hérault pour le viol en mars 2010 de sa belle-fille de 14 ans.

La cour a été au-delà des réquisitions de l'avocat général Jérôme Laurent, qui avait demandé dix-sept ans de réclusion criminelle, et a assorti la peine d'un suivi judiciaire de dix ans, faisant peser sur le condamné la menace de sept années de prison supplémentaires en cas de non-respect de ce suivi après sa libération.

Le procès, annoncé d'abord à huis-clos en raison de l'âge de la victime, a finalement été ouvert au public à la demande de cette dernière. La jeune fille n'a «aucune honte, aucune gêne d'avoir été l'objet sexuel» de son beau-père, a indiqué son avocat, Me Pierre Palies.

Agé de 46 ans, Thierry Villetard est l'un des principaux suspects du viol et du meurtre de Joanna Parrish, une Britannique de 20 ans, assistante d'anglais dans un lycée, retrouvée sans vie dans l'Yonne le 17 mai 1990.

Villetard, qui habitait Auxerre au moment des faits, n'est toutefois ni mis en examen ni même n'a jamais été entendu par les enquêteurs dans cette affaire, a précisé son avocat, Me Claude Benyoucef.

Selon le Midi-Libre, Villetard, qui aurait fait des confidences à des proches, intéresse également un juge d'instruction d'Aix-en-Provence enquêtant sur la mort d'une femme près de Salon-de-Provence en 1997.

Devant les assises de l'Hérault, Villetard n'a pas nié le viol de la fille de sa concubine, mais a assuré ne se souvenir de rien. Tout au long des deux jours d'audience, il a d'ailleurs expliqué qu'il n'avait «aucun souvenir».

Pathologies sexuelles

«J'assume totalement. Je ne nie pas. Mais je me consacre tellement à changer que je ne me souviens pas de grand chose. Je sais que c'est compliqué à croire mais c'est la vérité», a-t-il affirmé, ajoutant qu'il travaillait avec des psychologues et qu'il souhaitait oublier celui qu'il avait été.

K., la jeune victime, «n'oubliera pas. On ne peut oublier. Vous ne vous êtes même pas excusé», lui a répondu Me Palies.

Une autre de ses victimes a témoigné: «J'avais dix ans. Il m'a caressée sous la table. Il s'est masturbé. Il m'a demandé ce que cela me faisait», a-t-elle a dit.

«Il a bien violé K. même s'il n'a pas commis de violence. Il présente des pathologies de nature sexuelle», a souligné l'avocat général, rappelant les deux précédentes condamnations de l'accusé en 1994 et en 2002, dont une fois pour des agressions sexuelles avec violences (1994).

«Les faits sont prémédités, calculés», a poursuivi le magistrat, constatant que «toutes les jeunes filles ou femmes de 11 ans à 71 ans sont l'objet de son intérêt».

Pour son défenseur, Me Claude Benyoucef, Thierry Villetard était «un malade» contrairement à ce qu'on pense aujourd'hui et qu'il aurait dû être considéré comme tel depuis des années et par conséquent soigné réellement.

«Il n'était plus capable d'entendre les voix de sa conscience. Il n'y avait plus de connexions entre sa conscience et ses besoins», a-t-il affirmé, soulignant que son client a réellement entrepris de se soigner et que ses oublis ne sont «pas une posture de défense».