Licencié pour un tweet

société Patrick Faucheux, 21 ans, s'était moqué d'un client de sa société

à toulouse, Hélène Ménal

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Le jeune Toulousain a perdu  son CDI pour un message posté sur le Web.
Le jeune Toulousain a perdu son CDI pour un message posté sur le Web. — F. Scheiber / 20 Minutes

C'est un tweet qui l'a conduit à Pôle emploi. Et Patrick Faucheux, un Toulousain de 21 ans aux allures de geek, est encore tout étonné de sa mésaventure. Il a été licencié «pour faute grave» le 17 décembre de la société Téléperformance à Blagnac, son tout premier job en CDI. Il consistait à répondre aux demandes de résiliation pour le compte d'un gros client, un opérateur téléphonique.

«Big brother»


Jusqu'à ce message, posté le 12 novembre sur son compte Twitter, où il a l'habitude de dialoguer avec des collègues fans de jeux vidéo. Il s'y moque en terme peu amènes de la longueur de la phrase type qu'il doit prononcer quand il décroche. Un mouvement d'humeur aux conséquences lourdes. Car il est vite repéré par l'opérateur en question. Ce qui n'étonne pas Mathieu Prud'homme, avocat spécialisé dans l'Internet, au cabinet Alain Bensoussan. «Il faut savoir que le Web est très surveillé, explique-t-il. Les entreprises mettent en place des outils pour surveiller leur E-réputation». La nouvelle du tweet se répand donc à Téléperformance et, neuf jours après son premier message, Patrick Faucheux récidive en évoquant «Big Brother». Le couperet tombe : le salarié est convoqué pour un entretien préalable au licenciement. Teleperformance s'appuie sur la jurisprudence en matière de réseaux sociaux. «Elle implique un devoir de discrétion et de loyauté vis-à-vis de son employeur sur Internet», indique Mathieu Prud'homme.

Patrick Faucheux trouve tout de même la sanction disproportionnée : «J'étais persuadé que j'allais prendre un avertissement. Je n'ai pas directement critiqué mon employeur et j'avais à peine 25 followers. C'est vraiment la première fois que je me sens aussi cadenassé sur Internet.» Il pense que son cas a servi «pour faire un exemple». Mais son ex-employeur assume. «Une entreprise comme Téleperformance se doit de prendre toutes les mesures pour veiller au respect au sein de l'entreprise et à celui de ses clients», souligne sa direction. ■

■ PRUD'HOMMES

Désormais au chômage, Patrick Faucheux a décidé de contester son licenciement devant le tribunal des Prud'hommes.

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