Patrick Ollier : «Je ferai tout pour qu'on n'utilise pas le 49-3»

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Patrick Ollier (UMP) a jugé mardi "légitime" qu'Alain Juppé retrouve son fauteuil de maire de Bordeaux, mais a ajouté qu'il fallait attendre son retour à l'Assemblée en 2007 pour voir quel rôle national l'ancien Premier ministre "jouera".
Patrick Ollier (UMP) a jugé mardi "légitime" qu'Alain Juppé retrouve son fauteuil de maire de Bordeaux, mais a ajouté qu'il fallait attendre son retour à l'Assemblée en 2007 pour voir quel rôle national l'ancien Premier ministre "jouera". — Stéphane de Sakutin AFP/Archives

Interview de Patrick Ollier, président (UMP) de la commission des Affaires économiques de l'Assemblée.

Les débats sur la privatisation de GDF reprennent avec l'examen des articles et de leurs milliers d'amendements. Le 49-3 est-il inévitable ?

Je ferai tout pour qu'on n'utilise pas le 49-3. J'ai quelques idées, en m'appuyant sur le règlement intérieur de l'Assemblée, pour faire en sorte que le débat se concentre sur le fond et soit terminé fin septembre. Je ne peux pas vous dire lesquelles aujourd'hui, sinon l'opposition m'en empêcherait.

Quel est le contenu de la lettre de griefs envoyée par la Commission européenne sur les problèmes posés par la fusion GDF-Suez qui suivra cette privatisation ?

Cette lettre est un acte officiel qui ouvre un dialogue en listant les problèmes possibles mais sans connaître le fond du dossier. C'est un cadre général. Il n'y a rien d'extraordinaire dans cette lettre. On sait que la SPE, une filiale belge de GDF, devrait être vendue, mais cela ne pose pas de problème. Les concessions à faire ne seront pas importantes.

On vous reproche de cacher des choses avec cette lettre...

Cette lettre est frappée du secret et c'est moi qui ai obtenu qu'elle soit mise à disposition des députés. Mais depuis dix jours, seulement six députés sont venus la consulter. Et aujourd'hui, ils osent venir dire qu'ils ne la connaissent pas...

Mais pourquoi voter ce texte sans attendre la position définitive de l'UE sur la fusion GDF-Suez fin novembre ?

Car nous n'aurons plus de session parlementaire et il faut faire vite, le marché de l'énergie est en pleine réorganisation. Le texte que nous allons voter ne concerne pas la fusion mais la baisse de la présence de l'Etat dans le capital de GDF. S'il y a d'autres partenaires que Suez, les discussions sont ouvertes sur le principe. Ce sera du ressort de GDF et de Suez. Nous savons déjà qu'il n'y a aucun autre candidat sur les rangs.

Recueilli par David Carzon