Divorce sur la marche à suivre

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Le FN en ordre dispersé. Alors que la plupart de ses dirigeants (plus de 80 % du bureau politique) se rendront à la manifestation dimanche contre le « mariage pour tous », Marine Le Pen et l'un de ses vice-présidents, Florian Philippot, n'y participeront pas. Face à cette différence de stratégie, le parti, farouchement opposé à ce projet de loi, a donc adopté une position ambiguë. Sans appeler à manifester, le FN laisse ses militants libres de défiler. «Les modalités ont été longuement discutées. J'aurais préféré qu'elle s'y rende, mais certains avaient peur de jouer le jeu du PS», explique Bruno Gollnisch, catholique traditionaliste.

Anciens contre modernes


Déjà vice-président et très influent alors qu'il n'a sa carte au FN que depuis un an et demi, Florian Philippot estime que le PS veut profiter de ce débat pour «cliver» et masquer ses échecs sur les autres sujets. Impossible pour le FN de tomber dans ce piège. Selon l'ancien énarque, il faut continuer à axer les thématiques du Front sur le social et non le sociétal. Un argumentaire repris mot pour mot par Marine Le Pen, qui accusait mardi Hollande de « réactiver le vieux clivage gauche-droite tellement plus confortable». Cette absence d'offensive sur un sujet traditionnel de lutte du FN a alimenté une nouvelle fois les critiques des anciens cadres du parti, très sévères vis-à-vis des modernisateurs. Surtout lorsque Philippot explique sur France Culture que les électeurs FN «sont 50-50» sur le mariage homosexuel. «En toute amitié, je lui dis qu'il se trompe», réagit Gollnisch. «Je ne sais pas d'où Florian tient ça, mais j'ai beau parcourir nos fédérations, je n'ai jamais entendu un de nos militants faire l'apologie du mariage homo, rapporte Louis Aliot, autre vice-président qui défend pourtant Philippot. Le FN est en train de grandir très vite et accueille des personnalités différentes aux avis parfois contradictoires. L'adaptation prend du temps.» ■

■ Un «lobby gay»

«Je suis imperméable à l'influence de tout lobby. D'autant plus lorsque celui-ci n'existe pas», a déclaré Le Pen, mardi, alors que l'hebdomadaire Minute ainsi que Christine Boutin ont dénoncé l'influence de cadres homosexuels du FN.