Des jurés en mal de popularité

À Toulouse, béatrice colin

— 

«Impressionnés», en janvier 2012 des Toulousains endossaient pour la première fois en France le costume de citoyens-assesseurs. Un an plus tard, l'expérimentation de ces jurés populaires semble montrer des signes de faiblesses. Lancée sous le précédent gouvernement au sein des cours d'appel de Toulouse et Dijon, cette réforme fait aujourd'hui l'objet d'un audit demandé par la Garde des Sceaux. Ce mercredi, les deux magistrats chargés de le mener seront dans la Ville rose. Ils se déplaceront ensuite dans les tribunaux de Foix ou encore d'Albi pour voir quelles sont les conséquences sur le terrain de l'entrée des citoyens dans les prétoires.

Et ils ne devraient pas en entendre que des louanges au sein même de la magistrature. «On peut faire des constatations positives sur le principe même de la participation des citoyens au fonctionnement de la justice pénale… tout en observant la lourdeur de la tâche, le ralentissement des affaires et le coût élevé de cette opération, environ 200 000 € par an pour toutes les juridictions du ressort, alors que notre budget de fonctionnement pour 2013 est en sensible baisse», a relevé mardi le premier président de la cour d'appel de Toulouse, Dominique Vonau, lors de la rentrée solennelle. Monique Ollivier, qui prenait ses fonctions de procureur général, a confirmé les craintes émises par certains magistrats il y a un an. Si elle relève que les enquêtes de satisfaction qui ont été menées auprès des citoyens «confirment que tous ont modifié leur regard sur la justice», elle prévient «qu'à moyens constants, nous ne parviendrons pas à juguler très longtemps l'influence délétère de cette réforme sur les délais de jugement.» ■