Une libertéà géographie variable

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Dans les démocraties occidentales, les personnes condamnées par la justice pour des tweets haineux sont rares. Aux Etats-Unis, où l'on recense 140 millions de comptes Twitter (sur 500 millions au total), le premier amendement protège la liberté d'expression, au point que toute loi la bridant serait taxée d'inconstitutionnelle. Les tweets sexistes, homophobes ou racistes peuvent donc être postés sans risque de poursuites judiciaires pour leurs auteurs.

« Différentes conceptions »


En Europe, c'est plus délicat. Ainsi, en Grande-Bretagne, où des lois encadrent la liberté d'expression, un étudiant a été condamné à cinquante-six jours de prison, en mars 2012, pour des propos racistes visant le footballeur Fabrice Muamba. Mais la sévérité de la peine avait suscité des débats. Outre-Rhin, en octobre, Twitter a bloqué le compte tenu par un groupe néonazi, à la demande des autorités. Mais seulement pour les internautes en Allemagne. La firme appliquait ainsi une de ses mesures controversées, annoncée en janvier 2012. Au nom «des différentes conceptions des limites de la liberté d'expression dans le monde», Twitter se réserve la possibilité de dissimuler du contenu dans un pays, si ses pouvoirs publics le demandent. Les associations des droits de l'homme avaient soulevé le fait que Twitter risquait de conforter des régimes autoritaires. ■ Joël Métreau