Des avocats procéduriers dans le box

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La première journée du procès des avocats toulousains France Moulin et Michel Dublanche, soupçonnés de « divulgation d'information » à leurs clients dans une affaire de blanchiment d'argent, a été marquée hier par une bataille opposant magistrats et avocats devant le tribunal correctionnel d'Orléans. La défense a plaidé le renvoi de l'affaire en raison de « fautes dans la procédure ». Le tribunal devait en délibérer dans la soirée.

« C'est un dossier emblématique. Ma cliente est renvoyée devant le tribunal pour des faits pour lesquels soit elle n'a pas été mise en examen, soit elle n'a pas été interrogée », s'est indigné Eric Dupont-Moretti, l'un des conseils de France Moulin. Sa mise en examen, – une première dans le monde du barreau pour ce délit – avait provoqué la colère des avocats. Ils avaient manifesté et dénoncé l'article de la loi Perben 2 qui avait permis l'incarcération de l'avocate pendant vingt-trois jours, en 2004. La première journée du procès a également relancé le différend entre avocats et magistrats. « Cet acharnement, c'est pour porter atteinte à certains représentants de la profession d'avocats », a accusé Laurent De Caunes, conseil de Michel Dublanche. Le procureur a répliqué : « On assiste à des prises de position agressives, peut-être parce que le dossier sur le fond présente une certaine solidité. » Jugés également pour « blanchiment », France Moulin, 44 ans, et Michel Dublanche, 55 ans, encourent cinq ans de prison et une amende de 75 000 euros. Les quinze autres prévenus – des numismates, intermédiaires ou trafiquants – seront jugés pour « blanchiment ».

(AFP)