« Nico », star des Pop, a trouvé son ton

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Tout y est pour une cérémonie des « Victoires de la musique » réussie : un ministre de la Culture assis au premier rang près de Johnny Hallyday assailli par quelque six cents journalistes accrédités, Doc Gynéco en chemise blanche claquant la bise à Didier Barbelivien, nominé dans la catégorie « ami du chef ». « C'est fort », s'exclame une jeune militante du 69, avant de s'étrangler dans un cri : Nicolas Sarkozy vient d'entrer en piste, au son de L'Envie d'avoir envie, hymne emprunté à l'ex-star de la matinée. Un baiser fougueux à Cécilia, une prestation sous les bravos de fans en délire, et « Nico », dixit les jeunes « Pop », s'en repart au rythme de C'est parti pour le show, autre « tube de jeunes » sans avoir manqué d'entonner la Marseillaise.

Le show, c'est ce qui restera de ces universités d'été, pour laquelle l'UMP n'a pas lésiné sur les moyens : de source militante, 10 millions d'euros auraient été prélevés sur les comptes de campagne pour faire du sacre de Nicolas Sarkozy un événement à l'américaine. De quoi multiplier les actions symboliques.

Samedi déjà, militants et élus avaient affronté sur la pelouse du Vélodrome les ex-stars de l'OM. « Jérôme Monod [conseiller de Jacques Chirac] leur a même mis un doublé », s'enthousiasme un Marseillais. La participation de Doc Gynéco à une table ronde sur « La nation : une idée d'avenir », a aussi eu son petit effet. « Il s'est aperçu en s'instruisant que Sarko était la bonne personne », assure Jean-Michel Muracciole, président de la fédération 13 des Jeunes Populaires, conquis par le style glam et paillettes de son « champion ». « On a rattrapé notre retard en matière de marketing politique, insiste-t-il. Les messages passent plus par des symboles que par des mots. Ce n'est pas parce que c'est de la politique que ça n'est pas aussi la fête. » Et c'est parti pour le show ?

S. H.