Sarkozy cite Michel-Ange, Blum et Johnny

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L'UMP a vécu ce week-end à Marseille, à l'occasion de son université d'été, une grand messe qui se voulait consensuelle derrière son président Nicolas Sarkozy, plus combatif que jamais, et qui a avancé une multitude de propositions dans la perspective de la présidentielle.
L'UMP a vécu ce week-end à Marseille, à l'occasion de son université d'été, une grand messe qui se voulait consensuelle derrière son président Nicolas Sarkozy, plus combatif que jamais, et qui a avancé une multitude de propositions dans la perspective de la présidentielle. — Olivier Laban-Mattei AFP

La rupture est consommée. Hier à Marseille, Nicolas Sarkozy a présenté, à l'occasion de son discours de clôture de l'université d'été des Jeunes Populaires, de nouvelles propositions en vue de la présidentielle. « Je persiste et je signe : la rupture est nécessaire », a lancé le président de l'UMP, totalement émancipé après trois jours de débats au cours desquels la plupart de ses challengers lui ont laissé le champ libre.

A commencer par Dominique de Villepin. Arrivé vendredi, le Premier ministre n'est resté à Marseille que le temps d'un discours où il a rendu un hommage appuyé à son numéro deux. « Je veux vous dire toute ma reconnaissance », a-t-il déclaré, avant d'insister sur la nécessité de l'union. « C'est mon engagement : notre famille sera rassemblée pour les grandes échéances de l'année prochaine ! » Un mot d'ordre repris à la tribune par les cadres du parti, tous louant « le travail formidable de Nicolas ».

Un quasi-adoubement, qui émeut à peine ledit Nicolas. Face à près de 7 000 personnes conquises, il n'a pas eu un mot ni pour l'union retrouvée, ni pour l'action du gouvernement, ni même pour son adversaire désigné, Ségolène Royal. Dans un discours lyrique, citant pêle-mêle Michel-Ange, Johnny Hallyday ou Léon Blum, l'aspirant candidat a décliné sa « rupture » dans différents domaines, de la culture à l'environnement. Première proposition, la création d'un « service civique », à terme obligatoire, de six mois pour les jeunes de 18 à 30 ans, à qui il promet une « revalorisation du travail » : « Ma plus grande ambition, c'est que dans cinq ans, le taux de chômage soit tombé à 5 %. »

Côté éducation, il propose d'« en finir avec le passage en 6e d'enfants qui ne savent ni lire ni écrire, car c'est les condamner à un échec certain », prônant « le droit à l'éducation et à la formation tout au long de la vie ». « Tout est possible si on le veut, a- t-il conclu. Je suis venu vous dire que nous le voulons plus qu'ailleurs. Plus que jamais. Plus que quiconque ne l'a jamais voulu ! » A l'UMP en tout cas, la voie est libre.

A Marseille, Stéphanie Harounyan