Hollande, un arbitre placé en embuscade

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Le vrai choix, c'est Ségolène, Jospin ou moi », confie-t-il en privé. François Hollande, à l'image de Lionel Jospin, a pris soin ce week-end de nourrir le doute concernant sa propre candidature. Durant trois jours, le premier secrétaire du Parti socialiste a répété à l'envi qu'il prendrait sa décision « avant la fin du dépôt des candidatures », le 3 octobre.

En attendant, il veut apparaître comme l'arbitre suprême du parti. « J'ai une obligation et une seule : faire gagner la gauche en 2007 et vous pouvez compter sur moi », a-t-il déclaré hier lors de son discours de clôture de l'université.

C'est bien de son costume de premier secrétaire – qu'il porte depuis neuf ans – qu'il compte tirer profit. « Ma position dans le parti est la plus forte, c'est moi qui ai le plus grand bataillon de militants », estime-t-il. Une analyse qu'il espère vérifier lorsque les incontournables fédérations des Bouches-du-Rhône et du Nord-Pas-de-Calais (les fameuses « Bouches du Nord ») donneront le nom de leur candidat préféré. Hier, le Nordiste Pierre Mauroy – qui, avant l'été, soutenait Ségolène Royal– a lancé le mouvement, en expliquant dans le quotidien Le Parisien que « Hollande a une légitimité supérieure ». Reste, pour cela, à écarter Ségolène, sa compagne. Un vrai dilemme socialiste et familial.

Bastien Bonnefous