Tous rêvent encore d'un avenir en rose

©2006 20 minutes

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Il n'y avait que le présentoir à cartes postales où l'on pouvait encore les voir réunis. Les candidats déclarés – ou pas – à l'investiture socialiste le 26 novembre ont tout fait ce week-end pour ne pas apparaître ensemble. Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius ont joué leur propre partition, persuadés d'avoir chacun leur chance de l'emporter.

Royal discrète Restée en retrait samedi et hier, la présidente de la région Poitou-Charentes s'est payé le luxe de prononcer son discours inaugural, vendredi, devant une salle bondée de militants, mais vide de dirigeants socialistes. Mettant en avant son bilan local, la favorite des sondages a expliqué : « Ce que nous avons réussi en Poitou-Charentes, nous pouvons le réussir au plan national. » En revanche, Ségolène Royal a refusé de débattre avec les jeunes socialistes, contrairement aux autres éléphants du parti. « Elle a peur de la confrontation car elle sait que ses idées ne sont pas en phase avec les militants, mais elle ne pourra pas éternellement ne pas parler du fond », estime un fabiusien, ajoutant que « Ségo est une bonne secrétaire d'Etat, pas un chef d'Etat ».

Fabius soigne sa gauche Laurent Fabius, lui, est persuadé d'avoir la carrure. Tout le week-end, il a tissé son discours « de gauche », le seul capable à ses yeux de rallier le camp du « non » socialiste au référendum européen et le vote de gauche dès le premier tour de l'élection en 2007.

DSK sur orbite Pour DSK, le candidat du « nouveau souffle », « la rentrée a été bonne ». En progression dans les sondages, son camp est sûr que les primaires se joueront entre lui et Royal, et qu'à ce moment là, les cadres du parti – Hollande, Jospin et même Fabius – ne pourront que le soutenir.

Lang patine En revanche, Jack Lang, quatrième candidat déclaré, a passé un week-end morose. En peine pour obtenir les trente parrainages au conseil national du PS pour pouvoir se présenter, son staff a indiqué que « François Hollande lui a donné toutes les assurances ». « En échange de quoi ? », demande un fabiusien. D'un retrait au cas où le premier secrétaire serait lui-même candidat (lire ci-contre) ? Les rebondissements ne font que commencer.

Envoyé spécial à La Rochelle, Bastien Bonnefous