François Hollande : «Je ferai part de ma décision avant le 3 octobre»

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François Hollande a affirmé dimanche en clôturant l'Université d'été du PS que les socialistes n'ont "pas le droit de perdre" la présidentielle de 2007, mettant en garde les prétendants contre la tentation d'aller seul à la bataille ou de "dénigrer" leurs rivaux.
François Hollande a affirmé dimanche en clôturant l'Université d'été du PS que les socialistes n'ont "pas le droit de perdre" la présidentielle de 2007, mettant en garde les prétendants contre la tentation d'aller seul à la bataille ou de "dénigrer" leurs rivaux. — Jean-Pierre Muller AFP

Interview de François Hollande, Premier secrétaire du Parti socialiste.

Votre discours d'hier était-il le dernier à une université d'été en tant que premier secrétaire du PS ?

Oui, puisque j'ai déjà annoncé que quels que soient le résultat et ma propre situation, je remettrai mon mandat après la présidentielle de 2007. Mais j'aurai encore beaucoup de discours à prononcer comme premier secrétaire, car pour moi, l'objectif est la victoire. Ce dimanche, j'ai voulu montrer que le PS a conscience de la gravité du moment pour le pays. C'est à notre parti d'être l'alternative en 2007. Nous n'avons pas le droit d'échouer.

Septembre et octobre, qui précèdent la désignation du candidat socialiste, seront-ils des mois décisifs pour le PS ?

C'est un moment important que de choisir celui ou celle qui nous représentera en 2007, mais une chose est de choisir notre candidat, une autre est de gagner la présidentielle. Ce sera donc une bataille collective autour de notre projet.

Votre motion au congrès du Mans compte déjà trois candidats : Ségolène Royal, Jack Lang et DSK. N'est-ce pas trop ?

L'heure n'est plus aux motions, mais au choix des militants entre plusieurs talents. Il ne faut pas avoir peur du vote, même s'il ne faut pas forcément une floraison de candidatures. Nous allons engager une réflexion collective avant le dépôt des candidatures le 3 octobre, mais la liberté reste la règle.

Comme premier secrétaire, n'êtes-vous pas le mieux placé pour réunir ces talents ?

Il est vrai qu'un premier secrétaire candidat pourrait être un choix simple, comme c'est le cas dans beaucoup de démocraties européennes. Mais nous ne fonctionnons pas comme cela en France.C'est pourquoi j'ai dit que je ferai part de ma décision avant le 3 octobre.

Tiendrez-vous compte de votre popularité dans les sondages, qui n'est pas au plus haut ?

Je regarde toujours les enquêtes d'opinion, elles comptent, mais ne sont pas le baromètre de mes décisions. Il y a aussi d'autres critères comme la faculté de rassemblement ou la vision politique que l'on a pour le pays. Comme premier secrétaire, je ne dois pas ajouter un problème, mais aider à trouver une solution.

Pourriez-vous être candidat contre Ségolène Royal ?

Il faut prendre les personnalités pour ce qu'elles sont, des responsables qui s'engagent en fonction de choix politiques et non personnels.

Lionel Jospin est-il un recours ?

Lui-même n'est pas allé jusque-là. Je ne peux donc commenter des déclarations qui n'ont pas été faites.

La question des candidatures ne rend-elle pas le PS inaudible en cette rentrée ?

Au contraire. Le PS est un parti uni depuis la synthèse du Mans, rassemblé derrière un projet, et qui mène des combats parlementaires, hier contre le CPE, demain contre la privatisation de GDF. On sait distinguer notre travail d'opposition, notre besoin de propositions et le choix de notre candidat.

Votre discours de clôture est-il un discours-programme pour 2007 ?

Oui, c'est le discours-programme du ou de la candidate du projet socialiste. Il ou elle ne gagnera pas seul, mais avec un parti et une gauche rassemblée derrière lui.

Recueilli par B. B.