De retour d'exil, Juppé s'attaque à Bordeaux

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Alain Juppé n'aura jamais été aussi près de son retour en politique. Ce matin, Hugues Martin, l'actuel maire (UMP) de Bordeaux réunit la majorité municipale. Sous couvert de « questions d'actualité », il s'agit bien de débattre du retour d'Alain Juppé à la tête de la ville après vingt mois d'absence. A l'origine de son exil au Québec : sa condamnation à quatorze mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité dans l'affaire des emplois fictifs du RPR.

Selon Sud-Ouest, le scénario est d'ores et déjà établi. Aujourd'hui, l'ensemble de la majorité devrait s'entendre pour démissionner, décision qui sera validée en conseil municipal le 25 septembre. Les élections municipales anticipées ne devraient pas avoir lieu avant le 8 octobre, pour laisser le temps aux candidats de faire campagne. En somme, fin octobre, le « nouveau » maire sera installé.

Cette chronique d'un retour annoncé exaspère l'opposition locale qui, une fois de plus, doit subir le « fait du prince », selon les termes de plusieurs élus socialistes. « Je ne comprends pas, en dehors d'une ambition personnelle – ce qui ne va pas avec le personnage – et d'une tactique nationale, pourquoi il impose cette démission », estime Philippe Dorthe, élu municipal de l'opposition de 1995 à 2001. S'il devait s'agir d'une stratégie de reconquête de la droite, elle reste encore floue. L'ancien Premier ministre restera-t-il fidèle au clan chiraquien, se rapprochera-t-il de Nicolas Sarkozy ou roulera-t-il pour lui et lui seul ?

A Bordeaux, Orianne Dupont (avec S. C.)