Le bon coup de pub de Greenpeace

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Le feuilleton a pris fin. Hier, le Rainbow-Warrior II a finalement quitté Marseille vers 14 h, direction l'Espagne. Si le trois-mâts de Greenpeace n'a pas pu mener comme prévu sa campagne sur les dangers menaçant la Méditerranée – dont la « surpêche » de thons rouges – l'opération s'avère plus bénéfique que prévu : le face-à-face spectaculaire entre le Rainbow-Warrior et la vingtaine de thoniers dépêchés sur place pour lui barrer la route a mobilisé les médias, alimentés de surcroît par les nombreuses vidéos tournées par l'organisation.

Insultes, manoeuvres d'intimidation, arrosages... Greenpeace dénonce les « violences » et « la collusion entre pêcheurs et autorités locales » : la communauté urbaine de Marseille a retiré au trois-mâts l'autorisation d'accoster, officiellement pour « raisons de sécurité ». Mais Yannick Jadot, directeur de campagne pour la France, reconnaît que « l'objectif est atteint » : « Avec un tel retentissement, désormais, tout le monde a conscience du problème de la surexploitation du thon. »

Chez les pêcheurs, on fait l'analyse inverse. « J'ai reçu des tas de fax de soutien, assure Mourad Kahoul, représentant syndical des pêcheurs et conseiller municipal UMP. Tous disent que les études de Greenpeace sont infondées, que c'est de la provocation. » Et de délivrer un bon point à l'organisation écolo : « Ils nous ont ouvert les yeux pour communiquer. Désormais, on va organiser une opération une fois par mois, pour ouvrir notre pêcherie et informer les Marseillais sur notre métier ! En trois jours, Greenpeace nous a aidés ! »

A Marseille, Stéphanie Harounyan