La bataille des arguments a commencé

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A chacun sa stratégie. Dans la course à l'investiture socialiste, chaque candidat déclaré ou pas a déjà commencé à roder ses arguments. Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius – comme Lionel Jospin – parient surtout sur leur expérience face à la bizute Ségolène Royal. DSK veut apparaître comme l'homme moderne des grands dossiers de la mondialisation, le spécialiste des questions économiques, l'ancien ministre des Finances du gouvernement Jospin. Un temps, il a espéré tirer parti de la crise actuelle au Liban. Mais en vain : désormais, la favorite des sondages est même crédible pour les Français sur les sujets internationaux.

Laurent Fabius, lui, compte avant tout sur son CV. Ancien Premier ministre, président de l'Assemblée nationale, ministre de l'Economie, premier secrétaire du PS... l'héritier autoproclamé de François Mitterrand veut se vendre comme celui qui élève les débats dans les rangs socialistes.

Strauss-Kahn et Fabius ont fort à faire face à Ségolène Royal, qui, dès le départ, s'est placée sur le créneau porteur des classes populaires. Axant chacun de ses discours sur les thèmes de l'insécurité économique (chômage, précarité) et sociale (délinquance, violence), la présidente de Poitou-Charentes a choisi d'ancrer sa candidature dans le quotidien des Français les plus défavorisés. Un excellent calcul selon de nombreux politologues, qui estiment, comme Stéphane Rozès, directeur de l'institut CSA, que l'élection de 2007 « se gagnera sur les catégories populaires », à droite comme à gauche. En 2002, Lionel Jospin n'avait recueilli que 12 % des voix ouvrières, contre 14 % pour Jacques Chirac. Un candidat les avait tous battus, en raflant 26 % de ces suffrages : c'était Jean-Marie Le Pen.

B. B.