« L'hypothèse de ma candidature reste valable »

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Nicolas Hulot

Président de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l'homme.

Qu'attendez-vous des journées d'été des Verts ?

J'attends de ce dialogue entre écologistes qu'il lève les malentendus sur les démarches des uns et des autres. Que chacun comprenne que nous visons les mêmes objectifs, avec des moyens différents et des stratégies complémentaires. J'entends également dire aux Verts et à Cap 21 que je souhaite contribuer à ce qu'eux et leurs idées aient une place centrale dans le gouvernement à venir, quels que soient leurs résultats à la présidentielle. Je ne pense pas que le rapport de force sera suffisant pour que la gauche et la droite rentrent pleinement dans le chantier écologique. Or il est indécent de conditionner à un simple rapport de force électoral quelque chose qui est du ressort de l'avenir de l'humanité.

Vous avez annoncé le 30 juillet que vous n'excluiez pas d'être candidat à la présidentielle. Votre position a-t-elle changé ?

Je souhaite que chacun assume ses responsabilités. Si on fait en sorte qu'une vraie société écologique démarre en mai prochain, je resterai à ma place. Mais l'hypothèse de ma candidature restera valable tant que les ONG et moi-même n'avons pas entre les mains les éléments qui nous permettent de dire que les politiques entendent enfin apporter de vraies réponses, et ne traitent plus l'écologie à la marge, pour des stratégies électorales. Face aux périls écologiques, au désordre climatique, à la pénurie énergétique, on ne peut plus se payer le luxe d'attendre les nouvelles échéances démocratiques. On est à la croisée des chemins. L'opinion a montré qu'elle était disponible pour la mutation écologique, les politiques disposent d'un espace gigantesque pour imposer des réformes.

Les Verts affirment qu'une candidature écologiste unique n'est pas à l'ordre du jour. Ne serait-il pas gênant de vous présenter face à un Verts ?

Je ne suis pas étonné par la position des Verts, qui est normale. La logique veut que des écologistes engagées comme Dominique Voynet ou Corinne Lepage soient candidates. Quand je dis que je ne me présenterais qu'en ultime recours, c'est parce que je considère que je n'ai pas vocation à le faire. Mais il est vrai que je ne peux pas me résigner à rester inactif.

Laurent Fabius vient de reprendre votre proposition en s'engageant à créer, s'il était élu, un poste de vice-Premier ministre chargé du développement durable...

Quand j'entends Laurent Fabius, un homme d'expérience et de qualité, reprendre cette idée, c'est un signe positif, qui va évidemment dans le bon sens. Et quand j'entends Ségolène Royal dire qu'elle veut faire de la France un pays d'excellence environnementale, j'en suis très heureux. Avec une réserve : je veux qu'elle nous dise comment.

Accepteriez-vous de devenir ce vice-Premier ministre ?

Je pense que plein de gens, à gauche comme à droite, seraient tout aussi capables, et même plus que moi, d'être vice-Premier ministre chargé du développement durable.

Recueilli par Stéphane Colineau