Ségolène veut séduire toute la gauche

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Dans un clin d'oeil à Arnaud Montebourg, qui l'accueillait à cette traditionnelle fête et s'est rallié sous sa bannière, elle a même évoqué la "VIe république" chère au coeur du député de Saône et Loire et de ses partisans, qui constituaient l'essentiel de l'assistance.
Dans un clin d'oeil à Arnaud Montebourg, qui l'accueillait à cette traditionnelle fête et s'est rallié sous sa bannière, elle a même évoqué la "VIe république" chère au coeur du député de Saône et Loire et de ses partisans, qui constituaient l'essentiel de l'assistance. — Jean-Pierre Clatot AFP

Il est 16 h 52, hier à Frangy-sur-Bresse, lorsque Ségolène Royal saisit le micro tendu par le grand ordonnateur de la Fête de la rose, le député PS de Saône-et-Loire Arnaud Montebourg. «Vous êtes là ? », lance-t-elle aux deux mille militants venus assister à son premier discours de candidate à la présidentielle.
Ce seront les seules manières de rock star de la championne des sondages, dont l’arrivée au stade municipal de Frangy, jamais aussi fréquenté, a provoqué une bousculade et trois blessés légers.
Car, pour le reste, Ségolène Royal, peu à l’aise à la tribune, est allée à l’essentiel. En dégainant vite son message le plus fort : un appel à l’union des socialistes puis de toute la gauche autour de sa
personne. Héritière autoproclamée de François Mitterrand, elle a appelé à sa mémoire pour souligner « le devoir d’unité des socialistes et la nécessité du « rassemblement de la gauche ». « Ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous sépare
», a poursuivi la députée des Deux-Sèvres, soucieuse
de donner des gages de vertus sociales à la gauche du parti.«La lutte contre la précarité du salaire, du travail et de l’emploi » doit être « au coeur du projet » socialiste, a-t-elle lancé, comme pour faire oublier son soutien à la politique de Tony Blair. Plus à l’aise lorsqu’elle s’est exprimée sur l’environnement et sur l’aide aux pays pauvres, seuls moments où elle a levé les yeux de son texte, Ségolène Royal en a terminé en donnant cette fois des garanties à Montebourg et à sa VIe République: «Une grande réforme institutionnelle
», doit être menée, a-t-elle estimé, prononçant même le mot de « VIe République ». Dans la foule, Pierrick,
médecin venu du Creusot, arbore un sourire. « Ce
discours, c’est ce que les militants attendaient d’elle. Elle n’a pas été bonne sur la forme, mais ce n’est pas important. » Un autre militant de la région est plus circonspect : « C’était décousu et ça manquait de peps. Mais ce n’est pas grave, je voterai quand même pour elle. C’est la seule capable de gagner. »

A Frangy-en-Bresse, Stéphane Colineau