Journée éprouvante pour les squatters

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Les méthodes ont changé. Les résidents du squat de Cachan (Val-de-Marne) et les associations venues les soutenir ont été pris de court ce matin en voyant la police débarquer à 9h pour les déloger. Prévenus la veille de l’éventualité de cette intervention, ils avaient commencé à souffler vers 8h, pensant avoir encore quelques jours de répit. «En général, la police s’installe à l’aube et intervient à 6h du matin. Là, ils ont attendu que l’on s’en aille avant d’intervenir», assure un représentant du Réseau d’éducation sans frontières. «Du coup, certains étaient partis travailler l’esprit tranquille», confirme une habitante.

Le dispositif est impressionnant. Le quartier est bouclé et plusieurs dizaines de camions de police encerclent le périmètre. Armés de béliers, des CRS montent dans les étages, prêts à faire plier les plus récalcitrants. Mais aucune échauffourée n’éclate. Dans le calme, les familles quittent les lieux, une valise et un enfant sous le bras. Elles font ensuite la queue, plusieurs heures durant, à la sortie du bâtiment. Le temps de passer une visite médicale auprès de la Croix Rouge et de voir leur cas étudié par les services de la police judiciaire. Avec eux, les squatteurs n’ont emporté que le strict minimum, une valise éventrée, un paquet de couches, le ballon du petit... « On nous a dit que l’on pourrait venir chercher le reste plus tard », relate une mère de famille.

Après plusieurs heures d’attente, le couperet tombe : les familles sont souvent emmenées vers des hôtels, à Sucy-en-Brie et à Orly, « payés pour un mois ». Mais beaucoup d’hommes seuls repartent, menottés, pour être placés en garde à vue. « Les célibataires sans papiers sont emmenés directement », prévient un militant de la Ligue des droits de l’homme.
Choquée, une femme se roule par terre en hurlant sous l’oeil de son enfant.
Les policiers s’empressent de la mettre à l’abri des caméras, derrière un fourgon. Elle se débattra pendant plus d’une demi-heure, malgré l’intervention de la Croix-Rouge.

Dans la rue, des riverains sympathisants sont descendus soutenir les familles, et veiller au correct déroulement des opérations. «Il faut que ça se passe au moins dans la légalité», assène une quinquagénaire à un policier.

Magali Gruet