Début de l'évacuation du squat géant de Cachan

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Le Réseau éducation sans frontières (RESF) s'attend à des expulsions après la rentrée puisque, selon lui, des familles ont reçu des convocations pour le mois d'octobre.
Le Réseau éducation sans frontières (RESF) s'attend à des expulsions après la rentrée puisque, selon lui, des familles ont reçu des convocations pour le mois d'octobre. — Fred Dufour AFP/Archives

Les forces de police ont commencé jeudi à 09H00 à évacuer le squat géant de Cachan (Val-de-Marne), "à la demande du recteur de l'académie de Créteil", a annoncé la préfecture du Val-de-Marne.
Un important dispositif policier a été déployé autour de la résidence universitaire, dont un bâtiment est occupé depuis plus de trois ans par plusieurs centaines de personnes - un millier selon les squatters -, principalement des Ivoiriens et des Maliens, a constaté une journaliste de l'AFP.
Des barrières de sécurité bloquent les rues adjacentes et les forces de l'ordre, dont de nombreux CRS, ceinturent le périmètre, empêchant les journalistes de pénétrer sur le campus.
Selon la préfecture, l'évacuation totale du squat a été décidée "à la demande du recteur" de l'académie de Créteil face aux "dangers d'incendie", le Centre régional des oeuvres universitaires et scolaires (Crous), propriétaire du bâtiment F occupé, ayant constaté la "dégradation constante" des conditions de sécurité à l'intérieur du bâtiment vétuste.
Environ 300 chambres d'hôtel ont été réquisitionnées dans quatre départements d'Ile-de-France, permettant de reloger quelque 800 personnes, a précisé la préfecture.
Sur place, un gérant d'hôtel, venu à la demande de la préfecture, a précisé à l'AFP travailler pour la chaîne hôtelière Ibis (groupe Accor).
Le président de Droit au logement (Dal) Jean-Baptiste Eyraud, qui se trouve sur place, a dénoncé à l'AFP cette "expulsion brutale" et a "exigé le relogement décent de tous les occupants et la régularisation" de ceux qui sont sans-papiers.
Depuis fin juillet, des rumeurs concernant une évacuation du squat couraient régulièrement. Les squatters avaient organisé le 31 juillet au soir une "nuit de la solidarité" pour maintenir la mobilisation. La Cimade (service oecuménique d'entraide) avait lancé la semaine dernière un appel à ses adhérents et sympathisants, craignant une évacuation le 15 août.
Le tribunal administratif de Melun avait ordonné l'évacuation du squat le 14 avril 2004.