L'avion est monté à une altitude "limite" (directeur BEA)

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L'avion de la West Caribbean qui s'est écrasé le 16 août 2005 au Venezuela, faisant 160 morts dont 152 Martiniquais, était monté à une altitude "à la limite de ses performances", a indiqué mercredi à l'AFP le directeur du Bureau français d'Enquêtes et Analyses (BEA), Paul-Louis Arslanian.
"Ce que l'on sait, c'est que l'altitude de l'avion était à la limite de ses performances et que sa vitesse a alors diminué progressivement. Il a commencé à descendre puis a décroché, et ce décrochage s'est poursuivi jusqu'au sol pendant presque trois minutes", a souligné le patron du BEA, qui participe à l'enquête dirigée par les autorités vénézuéliennes.
Le directeur du BEA a toutefois averti que "de nombreux faits ont été rassemblés, mais c'est leur analyse en commun qui devra permettre de dégager et d'expliquer les causes de l'accident". "Il serait prématuré aujourd'hui de proposer des causes", a-t-il estimé.
Tous les avions ont une altitude "limite", ou plafond de propulsion, au-delà de laquelle il n'est plus possible de maintenir une vitesse de croisière avec la poussée maximale admissible pour le bon fonctionnement des moteurs.  Et "la mise en oeuvre de certains systèmes, par exemple ceux d'anti-givrage, consomme de la puissance et diminue donc la poussée des moteurs, ce qui a pour conséquence d'abaisser le plafond de propulsion", a expliqué Paul-Louis Arslanian.
Interrogé sur la date de publication des conclusions de l'analyse technique, le directeur du BEA est resté prudent.
"Nos relations avec nos homologues vénézuéliens sont cordiales et je l'espère confiantes, nous rappelons fréquemment dans ce cadre les attentes des familles et le souci du gouvernement de voir les causes de l'accident établies et rendues publiques dans les meilleurs délais", a-t-il conclu.