7 millions d'euros débloqués pour les SDF en Ile de France

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AFP TV

Au-delà de la polémique née de plaintes de riverains, les tentes plantées à Paris par des SDF ont soulevé des questions de fond. Agnès de Fleurieu présidente de l¹Observatoire national de la Pauvreté et de l¹Exclusion sociale devait y remédier en présentant ce matin des mesures au ministre de la cohésion sociale, Catherine Vautrin.
Ce rapport identifie dans un premier temps les lacunes actuelles face à la hausse du nombre de SDF à Paris (entre 2000 et 5000): manque de places dans les structures d¹accueil, horaires trop limités, manque de suivi social. En dépit de l¹augmentation du nombre de places au cours des quatre dernières années, « le dispositif est constamment saturé ».
Par ailleurs, Agnès de Fleurieu s¹attarde sur les dangers des tentes, qui peuvent constituer « une nouvelle forme de sédentarisation » et ne peuvent être acceptées comme un « mode d¹hébergement acceptable », même si elles offrent « un espace d¹intimité, de dignité et un lieu où conserver ses affaires en l¹absence de consignes sécurisées ». Pour l¹auteur du rapport, accepter ces tentes reviendrait à « renoncer à proposer aux ces personnes un hébergement conforme à leur dignité d¹homme et de femme ».
A court terme, il a donc été proposé et accepté par le Ministère d¹ouvrir toute l¹année 1000 places dans des lieux d¹hébergement qui resteraient ouverts 24 heures sur 24. Cela devrait permettre de résoudre en partie le problème lié aux horaires contraignants et celui du manque de consignes.
L¹ouverture d¹autres structures, à faible encadrement d¹accueil et « permettant un travail de réadaptation » est elle aussi préconisée, tout comme la coordination générale des maraudes. Pour ces mesures à court terme, le rapport préconise un financement en urgence de l¹ordre de 7 millions d¹euros.
A plus long terme, Agnès de Fleurieu suggère notamment d¹élargir la palette des solutions d¹hébergement d¹urgence, et de renforcer le suivi psychiatrique des SDF qui passent par un établissement de santé.
Mais la ministre ne cache pas que pour libérer des places dans les structures d¹accueil pour les SDF, il faudrait aussi que des travailleurs précaires cessent de fréquenter ces structures. Et que l¹Etat soit en mesure de les conduire vers le logement social ou privé.
Médecins du Monde, l¹association qui avait eu l¹initiative de distribuer des tentes cet hiver, juge que ces « recommandations vont globalement dans le bon sens « et se félicite que « tout le monde partage maintenant une approche qualitative ».

Michaël Hajdenberg