Arno Klarsfeld va plaider pour Jeff, le jeune Nigérian expulsable

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Arno Klarsfeld, nommé par Nicolas Sarkozy médiateur des parents sans-papiers d'enfants scolarisés, a déclaré mardi matin sur RTL que le traitement de leur dossier se fera "obligatoirement au cas par cas" mais qu'"on ne peut pas régulariser automatiquement" toutes les familles.
Arno Klarsfeld, nommé par Nicolas Sarkozy médiateur des parents sans-papiers d'enfants scolarisés, a déclaré mardi matin sur RTL que le traitement de leur dossier se fera "obligatoirement au cas par cas" mais qu'"on ne peut pas régulariser automatiquement" toutes les familles. — Pierre Andrieu AFP/Archives

 Le jeune Nigérian Jeff Batatunde, dont le tribunal administratif de Paris a confirmé lundi la mesure d'éloignement, "devrait être autorisé à demeurer en France", a estimé lundi Arno Klarsfeld, médiateur national dans le dossier des familles sans papiers comprenant des enfants scolarisés.
Le tribunal administratif de Paris a rejeté lundi après-midi la demande d'annulation de l'arrêté de reconduite à la frontière de Jeff Batatunde, 19 ans, scolarisé à Paris depuis septembre 2004. Le jeune Nigérian a été interpellé le 1er août et conduit deux jours plus tard au centre de rétention de Vincennes (Val-de-Marne).
"Je vais voir auprès de la préfecture du Val-de-Marne ce que je peux faire", a déclaré lundi après-midi Arno Klarsfeld. Il a cependant souligné que le cas de Jeff, 19 ans et "donc majeur", était "hors du champ de la circulaire" Sarkozy qui fixe les conditions de séjour en France des mineurs scolarisés et de leurs familles. 

Arno Klarsfeld estime que "si Jeff n'a réellement plus aucune famille au Nigeria, ayant construit un présent harmonieux en France, gage d'avenir, il devrait être autorisé à y demeurer, le doute devant, en la circonstance, lui profiter".
Arno Klarsfeld a également indiqué avoir parlé à ses professeurs. "C'est un bon élève, dit-il, le deuxième de sa classe et la mobilisation des professeurs à son égard semble témoigner de sa bonne intégration".
Il fait aussi valoir le passé du jeune homme. Selon l'association France Terre d'asile, qui avait appuyé, à son arrivée en août 2004, sa demande d'asile politique, rejetée au début de l'année, le jeune Jeff n'a jamais connu son père et a perdu sa mère, "une femme aisée qui, dans la province d'Ogun, jouait le rôle de porte-parole entre la population et les autorités".
Selon Arno Klarsfeld, qui relaie l'information de France Terre d'asile, la mère de Jeff "a été assassinée, sa maison brûlée et les documents détruits", lors d'émeutes au Nigeria en 2003. "Une amie de la mère de Jeff lui aurait alors fourni l'argent nécessaire pour acquérir un passeport avec lequel il est entré sur le territoire français" en août 2004.