Le Charlie Hebdo "responsable", journal sans dessin ni article

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Comme il l'avait promis, Charlie Hebdo publie mercredi deux journaux distincts, dont un intitulé "Responsable", sans dessin ni article, ne contenant que quelques titres anodins.
Comme il l'avait promis, Charlie Hebdo publie mercredi deux journaux distincts, dont un intitulé "Responsable", sans dessin ni article, ne contenant que quelques titres anodins. — Kenzo Tribouillard afp.com

Comme il l'avait promis, Charlie Hebdo publie mercredi deux journaux distincts, dont un intitulé "Responsable", sans dessin ni article, ne contenant que quelques titres anodins.

La couverture de l'édition traditionnelle, sous-titrée "journal irresponsable", montre un homme préhistorique inventeur de l'humour, tenant dans une main une calebasse d'huile et de l'autre une torche enflammée.

En revanche, dans un éditorial en page 3 intitulé "l'apéro de la rédaction", l'hebdomadaire "responsable" présente ses excuses: "Afin de satisfaire Laurent Fabius, Brice Hortefeux et Tarik Ramadan, Charlie Hebdo ne mettra plus +d'huile sur le feu+ et ne sera plus jamais +irresponsable+".

"Charlie qui fut naguère un journal de caricature ne se souciant ni de politesse, ni de bon goût, ne fera plus preuve d'irrévérence à l'égard de l'islam et du prophète Mahomet", écrit encore l'éditiorial, disant vouloir ainsi satisfaire Jean-François Copé et Olivier Besancenot.

A chaque page, des quadrilatères blancs, signés des habituels collaborateurs du journal, Wolinski, Riss, Tignous, Luz, Willem ou Riad Sattouf. Quelques titres d'articles figurent également au regard de colonnes vides: "prudence est mère de sûreté", "le chômage, ce fléau", "Mamadou rentre au pays".

La double page centrale, "débat de la semaine", répond à la question délicate: "Fallait-il montrer les seins de la Reine d'Angleterre" avec les réponse des philosophe Alain Finkielkraut (pour) et André Glucksmann (contre).

Le journal s'achève sur une enquête signé Laurent Léger intitulée "Les bons conseils de Bernard Arnault pour gagner des sous" : quatre colonnes vierges illustrées et trois cadres... blancs.

Chacune des deux éditions (16 pages) est en vente au prix habituel, soit 2,50 euros.