Mieux que l'hôtel, la nature

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 Bien que plantées en région parisienne, ces tentes-là ne font pas polémique. Les touristes qui s’en servent se soucient plus de leurs vacances que de l’hébergement problématique des SDF, dont on ne trouve d’ailleurs nulle trace dans le camping. « Ici, c’est un endroit pour les vacanciers. Un endroit pour se sentir bien, dans la nature. Une hôtellerie en plein air, où on n’a pas envie de côtoyer des sans-abris, qui de toute façon n’auraient pas les moyens de se la payer », explique Jeannine responsable du camping Huttopia. Situé à Versailles, non loin du château, et à seulement 5 minutes d’une station du RER C, le camping séduit plutôt des touristes, avides de nature et d’économie. « On ne peut pas payer l’hôtel à Paris, explique Elvira, venue de Catalogne. Et puis on n’a pas d’horaire, on a notre propre maison, et on peut venir avec notre chien. C’est un peu cher, mais comme on dîne ici, ça reste abordable ». Il faut dire qu’Elvira et sa famille n’ont pas choisi l’hébergement de base. Car l’originalité du camping Huttopia, qui s’est implanté en 2005, est de proposer, outre des emplacements pour des tentes, des canadiennes, des cabanes et des roulottes. Avec à chaque fois des lits, des cuisines équipées, des réchauds, et pour les cabanes et les roulottes, une salle de bains intégrée. Pour 6 personnes, la cabane se loue 159 euros la nuit, 149 à 4. « On paye pour le cadre exceptionnel », justifie Suzanne. Placé au début de la forêt domaniale, le camping jouit effectivement d’un emplacement remarquable. « Les clients visitent Paris la journée, et sont contents le soir, d’échapper à son stress. Ils peuvent aller à la piscine, se relaxer ». En pleine journée, le camping semble effectivement assez vide. Les 135 emplacements pour tentes et les 35 locatifs affichent pourtant complet. « Pour nous c’est la meilleure solution quand on visite une capitale, explique un groupe de jeunes Polonais. Même si ici c’est très, trop calme ». Pas de boite de nuit, un terrain de pétanque pour toute pratique sportive, et peu de jeunes adultes. Le camping privilégie le calme et l’attachement à la nature. Sûr de son coupil a même prévu de rester ouvert toute l’année pour la première fois. « Les Hollandais, les scandinaves, les Allemands ont tous des vacances à des moments différents. On en profite », espère Suzanne. En basse saison, le camping accueille aussi de la clientèle francilienne. Souvent du 92 ou du 78, parfois du 95 ou du 93. « Des gens qui ont envie de vacances, de dépaysement ». Et qui n’ont pas pour autant besoin de partir loin de chez eux.

Michael Hajdenberg