La saisie de coke très prisée à Orly

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En moins d’un mois, les douaniers de l’aéroport d’Orly ont saisi 65 kilos de cocaïne. Et pas une seule prise dans le fret. A chaque fois, la drogue a été trouvée dans les bagages de voyageurs transportant entre 5 à 24 kilos de marchandise. Avec souvent un même expéditeur.

« Depuis quelque temps, en plus des filières habituelles comme les Antilles, nous avons constaté des arrivages importants en provenance de la République Dominicaine, explique Alain Fillion, de la direction des douanes d’Orly. Les trafiquants changent régulièrement de plaque tournante. Pour brouiller les pistes, ils pratiquent ce qu’on appelle des vols cassés. Les passeurs font plusieurs escales à Lisbonne ou à Madrid par exemple, puis ils changent de moyens de transports. Leur provenance est ainsi plus difficile à repérer. »

Pour le moment, c’est la République Dominicaine qui se trouve dans le collimateur des autorités. A tel point que les Pays-Bas, destinataire principal de cette drogue, a mis en place un contrôle systématique des personnes en provenance de ce pays. Ce qui aurait incité les passeurs à faire une halte en France, à Orly en particulier, avant de rejoindre la Hollande par d’autres moyens de locomotion. « De toute façon, assure Alain Fillion, huit fois sur dix, la cocaïne n’est pas destinée au marché français, mais hollandais et anglais ».

Autre spécificité de ces derniers mois, les trafiquants ne prennent plus soin de cacher soigneusement la coke. Finies les ceintures pleines de poudre, les boules de bowling remplies de drogue, les valises à double fond, les chaussures bricolées, la coke cachées dans des plaquettes de chocolat… « On trouve la coke en vrac dans les bagages, elle est juste entourée d’adhésifs, raconte Alain Fillion. Quand on la passe aux rayons X, on la détecte très facilement. » Explication avancée par les douaniers : les trafiquants font des passages en force, et comptant sur le nombre, plusieurs personnes passent la drogue en même temps.

Parce que les 500 passagers d’un avion ne peuvent pas tous être contrôlés, les douaniers cherchent les indices qui vont trahir le passer. Il peut s’agit d’un simple regard, d’un comportement suspect, mais de choses plus concrètes comme un poids excessif pour un bagage. Ou alors comme cet Haïtien arrêté au début de l’année et qui voyageait avec sept chaussures de taille différente.

En tout cas, en un mois, la douane d’Orly a réalisé la moitié des saisies totales de 2005. En continuant à ce rythme, elle pourrait bien exploser son record qui remonte à 2003 avec 184 kilos saisis.

David Carzon