Moins de vacance pour le pouvoir

— 

Le PS a qualifié lundi d'"échec" la tournée de Nicolas Sarkozy dans trois pays africains pour défendre ce qu'il appelle "l'immigration choisie", soulignant "l'hostilité affichée" des dirigeants rencontrés à ce concept.
Le PS a qualifié lundi d'"échec" la tournée de Nicolas Sarkozy dans trois pays africains pour défendre ce qu'il appelle "l'immigration choisie", soulignant "l'hostilité affichée" des dirigeants rencontrés à ce concept. — Abdelhak Denna AFP

Cette année et comme les deux étés précédents, les membres du gouvernement ne prendront pas beaucoup de congés estivaux, et certains sont même collés à leur ministère parisien, faisant savoir qu’il n’y aura pas de vacance du pouvoir. Pour comprendre un tel zèle, il faut remonter à août 2003. Alors que la canicule était en train de faire des victimes par milliers, Jean-François Mattéi était intervenu en direct à la télévision, en polo et dans le jardin de sa résidence de vacances. Cette image d’un gouvernement coupé des réalités en plein cœur d’une catastrophe sanitaire avait fait des ravages et elle continue de hanter les hommes politiques.

Il faut dire aussi que le calendrier gouvernemental est très chargé pour cet été. Lundi matin, Dominique de Villepin a fait comprendre à son équipe qu’il attendait d’elle qu’elle bûche sur ses devoirs de vacances. Azouz Begag, ministre délégué à l’Egalité des Chances, et Catherine Vautrin, ministre de la Cohésion sociale, doivent lui remettre dès la rentrée des propositions concrètes pour améliorer l’égalité des chances. Tandis que Thierry Breton, ministre des Finances, doit préparer la fusion GDF-Suez, dossier brûlant qui arrive à l’Assemblée nationale dès la fin août alors que la majorité n’a pas encore trouvé de consensus.

Les vacances seront studieuses pour les ministères en charge de la lutte contre le chômage. Mardi, Jacques Chirac « a demandé que de nouvelles mesures efficaces pour doper les créations d'emploi soient étudiées au cours de l'été », selon l'Elysée. Un conseil gouvernemental restreint sur l’emploi aura lieu avant la rentrée « pour arrêter les décisions nécessaires ».

L’actualité ne laisse guère de répit non plus. Entre la canicule et la grève des chirurgiens libéraux, Xavier Bertrand, ministre de la Santé est au four et au moulin. « Le ministre ne prendra que quelques week-ends prolongés et encore, il restera à Paris ou en région parisienne », explique son entourage. Mêmes effets pour Philippe Douste-Blazy, ministre des Affaires étrangères, et Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense, mobilisés pour cause de guerre au Liban.

Et ceux qui ont la chance de partir n’iront pas forcément très loin, ayant même des consignes de l’Elysée pour ne pas s’éloigner. Dominique de Villepin a prévu d’aller en Bretagne où il ne manquera pas de faire une sortie sur le terrain. Il pourra y croiser Azouz Begag et Gérard Larcher (Emploi). D’autres iront se ressourcer dans leur région comme Gilles de Robien (Education) en Picardie ou Pascal Clément (Justice) dans la Loire. Bernard Accoyer, président du groupe UMP à l’Assemblée, restera dans sa Haute-Savoie après un passage par Florence en Italie. Nicolas Sarkozy a lui prévu de faire un tour du côté du Bassin d’Arcachon. Mais il n’oubliera pas d’aller dédicacer son livre dans les librairies qu’il croisera sur la route de ses vacances.

David Carzon