Les salariés du Printemps inquiets pour leur avenir

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Les réunions d'un comité central d'entreprise (CCE) du Printemps, dont les magasins doivent être vendus au groupe italien Rinascente, et d'un Comité de groupe France d'Alcatel, qui projette de supprimer 9.000 emplois dans le monde, vont marquer une semaine sociale calme.
Les réunions d'un comité central d'entreprise (CCE) du Printemps, dont les magasins doivent être vendus au groupe italien Rinascente, et d'un Comité de groupe France d'Alcatel, qui projette de supprimer 9.000 emplois dans le monde, vont marquer une semaine sociale calme. — Mehdi Fedouach AFP/Archives

Sale été au Printemps. Mardi, lors d’un comité central d’entreprise (CCE), les syndicats ont refusé d’émettre un avis sur le futur rachat des grands magasins par l’homme d’affaires italien Maurizio Borletti. Ils estiment en effet que la direction ne fournit pas les éléments nécessaires sur le montage financier, et que faute de garanties, ils sont dans l’incapacité de se prononcer. Ils ont donc décidé de saisir le tribunal de grande instance de Paris. Depuis plusieurs semaines, on sait que le groupe PPR (Pinault-Printemps-Redoute) doit céder 30% du capital du Printemps au groupe La Rinascente, dont Borletti est président, et 70% à la banque allemande Deutsche Bank, à laquelle il s’est associé. Le tout pour un montant total d’un peu plus d’un milliard d’euros. Mais voilà à peu près tout ce qui peut être tenu pour certain. Car pour le reste, les salariés n’y voient toujours pas clair. La CFTC parle d’un « blocus de la direction ». La CFDT estime qu’elle ne peut pas « signer un contrat sans le lire ». Bref, jamais le front syndical n’a semblé aussi uni, à tel point, donc, qu’un procédure commune en référé devant le TGI de Paris a été engagée pour « défaut d’information ». Du côté de la direction, on continue toutefois d’affirmer avoir fourni les documents nécessaires et on affirme qu’ « aucun plan social ni aucune fermeture de magasin » n’est prévue. Une ouverture de magasin serait même prévue à Toulouse en 2010, avec 200 salariés à la clef. Quoi qu’il en soit, la décision du tribunal ne remettra pas en cause le principe même du rachat des 17 magasins Printemps implantés en France. Elle pourrait seulement permettre aux 5287 salariés d’un peu mieux appréhender leur avenir. « On a le sentiment qu’ils veulent rénover les magasins pour les revendre plus cher dans un an ou deux, explique la CFDT. Ils refusent de dire comment vont être répartis les 280 millions qu’ils vont investir et parlent d’améliorer le résultat d’exploitation, en le faisant passer de 4 à 8 %. Mais comment ? Ils ne nous le disent pas ». Les inquiétudes restent grandes sur le volet social. « On n’a pas obtenu d’engagement formel de pérénisation des emplois, ne serait-ce que pour un an ou deux, regrette la CFTC. Apparemment, la direction ne voudrait plus remplacer que la moitié des départs dits naturels, type retraite. C’est inquiétant, surtout pour le secteur du hors-vente. » Par ailleurs, officiellement, Laurence Danon garderait la présidence de l’entreprise. « Mais officiellement, on n’était pas non plus à vendre, rappellent les syndicats, qui pensent que les nouveaux dirigeants, pour faire plus de profits, s’orienteront « vers le luxe ». Mais pour l’instant, selon eux, ce sont surtout les informations qui relèveraient de ce domaine. Michaël Hajdenberg