Rémy Heitz au péage de Fleury-en-Bière pour le grand chassé-croisé

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Rémy Heitz, délégué interministériel à la sécurité routière, a mis en avant, sur Europe 1, un "relâchement" en avril, affirmant toutefois qu'il n'y avait "pas d'effet palier" dans les progrès réalisés depuis 2002.
Rémy Heitz, délégué interministériel à la sécurité routière, a mis en avant, sur Europe 1, un "relâchement" en avril, affirmant toutefois qu'il n'y avait "pas d'effet palier" dans les progrès réalisés depuis 2002. — Pierre Verdy AFP/Archives

 « Bonjourno ». Un groupe d’Italiens salue avec inquiétude un homme en costume sombre, venu réprimander leur chauffeur de bus, verbalisé pour avoir roulé trop longtemps ces derniers jours. Cet homme n’est autre que Rémy Heitz, délégué interministériel à la Sécurité routière en personne. Il s’est déplacé au péage de Fleury-en-Bière (Seine-et-Marne), vendredi matin, pour assister à une opération de contrôle dans le cadre du grand chassé-croisé de l’été. Le délégué interministériel tenait à rappeler lui-même les règles essentielles de sécurité à l’occasion « du week-end le plus sensible de l’année » : « Respecter les distances de sécurité, les limitations de vitesse et observer une pause toutes les deux heures. » Rémy Heitz a souligné devant la presse qu’«il fallait poursuivre l’effort engagé en matière de prévention grâce à beaucoup d’information, des contrôles fréquents – 1100 radars sont actifs aujourd’hui en France - , et une mobilisation très forte de policiers et de gendarmes. »
Une équipe de gendarmerie était justement sur place pour effectuer des contrôles mobiles de vitesse à ce péage très fréquenté de l’autoroute A6, en direction du Sud. Quelque 70 000 véhicules étaient attendus dans la journée, contre 30-40 000 d’ordinaire. Entre 10h et 11h, les gendarmes ont ainsi relevé seize infractions, avec un record à 171 km/heure. Une équipe, postée à 1, 5 km du péage (en direction Paris-province), détectait à l’aide de jumelles Eurolaser les voitures en dépassement de vitesse puis transmettait les informations (plaque d’immatriculation, marque de la voiture et vitesse enregistrée) à un officier posté dans une Subaru (les toutes nouvelles voitures de la gendarmerie). Celui-ci communiquait à son tour les données à ses collègues en faction au péage, chargés d’arrêter les automobilistes. Grâce à un ordinateur connecté aux fichiers de la préfecture, la validité du permis de conduire de ces derniers étaient automatiquement contrôlée. « Près de 80% des conducteurs ont la totalité de leurs points », a relativisé Rémy Heitz. Bon nombre d’automobilistes ont tout de même dû voir leur capital diminuer ce matin-là, comme Jérôme, pris en flagrant délit à 166 km/heure. Son ami l’avait laissé prendre le volant de sa puissante Alfa Roméo. Résultat : deux points en moins sur le permis et 90 euros d’amende. « Il va falloir faire beaucoup de concours de pétanque pour se renflouer » plaisante Jérôme, tout à fait conscient d’avoir largement dépassé la limite autorisée.
Autre opération de contrôle : le chargement des véhicules de tourisme et professionnels (hors poids lourds). La pesée d’une camionnette a ainsi relevé une dépassement d’1.5 tonnes par rapport au poids autorisé. « La question du chargement est très importante, a rappelé le capitaine Patrick Catenna, ne serait-ce que pour la visibilité à l’arrière du véhicule. » Du côté des poids lourds et des transports en commun, c’est le temps de conduite qui a fait l’objet d’une attention particulière. « Les disques de contrôle nous permettent de vérifier s’il y a infraction ou pas. » Si l’infraction date d’aujourd’hui – ce qui n’était pas le cas du chauffeur italien – le conducteur peut-être immobilisé.
Le préfet de Seine-et-Marne, Jacques Barthélémy, avait également fait le déplacement. Il a rappelé que « 10% des effectifs de police et de gendarmerie étaient consacrés à la Sécurité routière » dans son département. Et d’ajouter : « Il ne faut pas oublier que les deux tiers des victimes de la route se tuent près de chez elles. »

Catherine Fournier